Consultation publique : mobilisons-nous massivement contre le classement ESOD !

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Renard roux, martre, fouine, belette, et plusieurs espèces de corvidés pourraient continuer à faire l’objet de destructions massives et souvent injustifiées. Participez à la consultation publique et demandez une réforme en profondeur du dispositif ESOD.

Le renard roux fait partie des espèces susceptibles d'être classées injustement ESOD de 2026 à 2029 - © Fabrice Cahez

Le renard roux fait partie des espèces susceptibles d'être classées injustement ESOD de 2026 à 2029 - © Fabrice Cahez

Le ministère de la Transition écologique a ouvert une consultation publique sur le futur classement des Espèces dites "susceptibles d’occasionner des dégâts" (ESOD) pour la période 2026-2029. Le projet d’arrêté prévoit le maintien du classement de neuf espèces sauvages sur la liste nationale des ESOD. Concrètement, cela autoriserait, pendant 3 ans encore, des mesures de destruction sur de vastes territoires, parfois sans limite réelle ni justification suffisante.

Les espèces concernées : Renard roux, Martre, Fouine, Belette d'Europe, Pie bavarde, Geai des chênes, Corneille noire, Corbeau freux et Étourneau sansonnet.

Le dispositif ESOD repose sur des bases scientifiques fragiles, ainsi que sur des évaluations des dégâts mal documentées et peu contrôlées. La LPO en conteste le principe même : il entretient une logique de destruction systématique, alors que son inefficacité est aujourd’hui démontrée.

Certaines espèces comme la Martre, dont la LPO avait obtenu le retrait du précédent arrêté triennal ESOD par une décision du Conseil d'Etat en mai 2025, réapparaît aujourd’hui dans 14 départements, sans aucune justification suffisante et en contradiction avec la “Stratégie nationale Biodiversité” 2030.

Des destructions inefficaces et coûteuses

Plusieurs études scientifiques sont très critiques s’agissant de l'efficacité du dispositif ESOD tel qu’il est mis en place en France[1]

Une récente étude[2] démontre que non seulement il est inefficace pour réduire les dégâts, mais plus encore, elle souligne que le coût de ces campagnes de destruction dépasse largement celui des dommages déclarés. Malgré cela, le système continue de privilégier des réponses létales, plutôt que des mesures de prévention ou de protection.

Des espèces clé pour les écosystèmes

Les espèces concernées jouent pourtant un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes.

Le renard roux, la martre, la belette ou la fouine participent notamment à la régulation naturelle des populations de petits rongeurs. Les corvidés, quant à eux, contribuent à la dispersion des graines et à la régénération des milieux naturels, notamment forestiers.

Les détruire massivement, c’est fragiliser les équilibres écologiques et appauvrir encore la biodiversité.

Des alternatives existent : elles doivent être privilégiées

Dans de nombreux pays européens (Allemagne, Pologne, Espagne, etc.), les interventions sont davantage ciblées, plus proportionnées et fondées sur des situations localisées. Les mesures de prévention et de protection y sont privilégiées, voire obligatoires, avant toute destruction d’animaux.

Ces approches obtiennent souvent de meilleurs résultats, tout en limitant les impacts sur la faune sauvage.

Dites NON à ce nouvel arrêté triennal ESOD avant le 30 juillet !

La consultation publique est ouverte à tous. Quelques phrases rédigées avec vos propres mots suffisent pour que votre contribution soit prise en compte.

Chaque avis compte. Plus nous serons nombreux à nous exprimer, plus nous pourrons peser pour faire évoluer un système inefficace et contraire aux enjeux de biodiversité, qui ignorent les réalités scientifiques.

Je participe et je donne un avis DEFAVORABLE

 

[1] Fondation pour la recherche sur la biodiversité, « Les prélèvements des Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod) réduisent-ils les dégâts qui leur sont imputés ? »

[2] Jiguet et al., « Ecological and economic assessments of native vertebrate pest control in France », Biological Conservation, vol. 316, 2026, art. 111719. Pour une analyse en Français voir le communiqué de presse du MNHN)