La LPO agit pour protéger les oiseaux migrateurs

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Chaque printemps, des millions d’oiseaux traversent la France, au fil d’un long périple entamé à des milliers de kilomètres. Or, de nombreux obstacles se dressent sur leur parcours et contribuent à leur déclin. À l’occasion de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs du 9 mai, partons à la découverte des actions de la LPO.

Grues cendrées - Crédit Fabrice Cahez

Depuis des millénaires, les oiseaux migrateurs entreprennent ce voyage saisonnier à la recherche de conditions climatiques favorables et de ressources alimentaires. Mais cette formidable migration est aujourd’hui fragilisée : disparition des habitats, intensification agricole, dérangements humains, réchauffement climatique ou encore pollution lumineuse menacent leur survie.

Observer pour comprendre et protéger

Escale à la Pointe de Grave, à l’extrémité nord du Médoc où les équipes de la LPO suivent la migration depuis les années 1980. Chaque année, de début mars à fin mai, plusieurs centaines de milliers d’oiseaux y sont comptabilisés.

Ce site emblématique permet notamment de mesurer le déclin alarmant de la Tourterelle des bois. Alors que 20 000 à 30 000 individus étaient observés chaque printemps autour du 1er mai, ils ne sont plus que quelques milliers aujourd’hui. Une chute spectaculaire qui illustre les pressions subies par cette espèce en Europe de l’Ouest. Malgré cela, la Pointe de Grave reste un lieu exceptionnel pour observer le passage des migrateurs : spatules blanches, bondrées apivores, loriots d’Europe ou encore hirondelles et martinets y offrent un spectacle unique.

Protéger les nichées, une course contre la montre

Au printemps, de nombreuses espèces migratrices nichent au cœur des zones agricoles. C’est le cas du Busard cendré, un rapace revenu d’Afrique de l’Ouest, qui installe son nid dans les champs de céréales.

Chaque année, bénévoles et salariés de la LPO repèrent les nids, travaillent avec les agriculteurs et mettent en place des protections avant les moissons. Depuis plus de 20 ans, plusieurs milliers de nichées ont ainsi été sauvées.

D’autres espèces font également l’objet d’une attention particulière, comme le Courlis cendré ou l’Œdicnème criard. Sur les littoraux, le Gravelot à collier interrompu dépend lui aussi de la vigilance de tous : au printemps, le respect des zones balisées et la tenue des chiens en laisse sont essentiels pour éviter la destruction des nids.

Restaurer des habitats pour les haltes migratoires

La LPO agit aussi pour restaurer des milieux naturels indispensables aux oiseaux migrateurs. L’acquisition du site de Mazerolles s’inscrit dans cette dynamique : sa restauration permettra de recréer des zones favorables aux haltes migratoires, mais aussi à la reproduction de nombreuses espèces.

Une réussite encourageante : le Faucon crécerellette

Certaines histoires montrent que la mobilisation porte ses fruits. Le Faucon crécerellette, petit rapace migrateur, était au bord de l’extinction dans les années 1980 avec moins de 10 couples en France. Grâce à des actions concrètes et coordonnées (réintroduction, installation de nichoirs, suivi scientifique et étude des migrations), l’espèce a connu un spectaculaire rebond. En 2025, plus de 1200 couples sont recensés, notamment en Crau, et l’espèce recolonise progressivement de nouveaux territoires.

Chacune et chacun peut agir

La protection des oiseaux migrateurs n’est pas seulement l’apanage des spécialistes. Chacun peut, à son échelle, contribuer à préserver ces grands voyageurs :

  • en respectant les zones de quiétude et la signalisation en période de reproduction,
  • en tenant son chien en laisse sur les plages,
  • en soutenant les actions de protection de la nature,
  • en participant aux journées de comptage collective
  • ou simplement en venant observer et mieux connaître ces espèces.

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