Condamnés sans preuve
L’État autorise à tuer 1,7 million d’animaux sauvages utiles à la nature chaque année.
Rendons-leur justice !
Condamnés sans preuve
L’État autorise à tuer 1,7 million d’animaux sauvages utiles à la nature chaque année.
Rendons-leur justice !
Les chiffres d’une politique absurde
Qu’est-ce que le classement ESOD ?
- ESOD signifie « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ». Ce terme a remplacé l’ancien mot « nuisibles », mais il continue d’autoriser la mise à mort de certains animaux sauvages.
- Le classement comprend trois groupes :
- le groupe 1 vise des espèces non indigènes comme le Ragondin, le Rat musqué, le Raton laveur, le Vison d’Amérique, le Chien viverrin ou la Bernache du Canada.
- le groupe 2 concerne des espèces naturellement présentes sur nos territoires, comme le Renard roux, la Fouine, la Martre des pins ou le Geai des chênes.
- le groupe 3 regroupe le Sanglier, le Lapin de garenne et le Pigeon ramier.
- Le combat de la LPO concerne principalement le groupe 2 : neuf espèces sauvages indigènes que le projet d’arrêté 2026-2029 prévoit de classer, département par département, pour trois ans. Elles peuvent alors être tuées par tir, piégeage ou déterrage.
- Pour l’État, ce classement servirait à prévenir certains dégâts : cultures abîmées, élevages attaqués, biens détériorés, risques sanitaires ou atteintes à d’autres espèces.
- Pour la LPO, le problème est ailleurs : ces dégâts sont souvent mal vérifiés, l’espèce responsable n’est pas toujours clairement identifiée, et la mise à mort est autorisée sans preuve suffisante de sa nécessité, de son efficacité et de sa proportionnalité.
- Ce système doit changer : avant de tuer, il faut démontrer les dégâts, tester les protections, privilégier les solutions de cohabitation et respecter le rôle de ces espèces dans la nature.
Quelles sont les 9 espèces défendues par la LPO ?
Derrière chaque espèce classée ESOD, il y a un animal trop vite accusé, un rôle écologique oublié et des solutions de cohabitation rarement mises en œuvre. Neuf espèces sauvages sont aujourd’hui concernées par le projet de classement 2026-2029. Avant de tuer, il faut chercher à comprendre !
- La Corneille noire : Accusée d’abîmer semis et cultures, la Corneille noire rend pourtant service en nettoyant les milieux et en consommant insectes et petits animaux morts. Protéger les semis et l’éloigner ponctuellement vaut mieux que la condamner sans preuve.
- Le Corbeaux freux : Accusé d’abîmer les jeunes cultures et de gêner lorsqu’il se rassemble en grand nombre, le Corbeau freux consomme aussi larves et insectes utiles aux sols agricoles. Les conflits peuvent être gérés localement, sans abattage généralisé.
- Le Renard Roux : Souvent accusé d’attaquer volailles ou petits élevages, le Renard roux est surtout un précieux allié contre les rongeurs. Sécuriser les poulaillers et protéger les animaux la nuit permet de cohabiter sans tuer par réflexe.
- La Pie Bavarde : Accusée de s’en prendre aux fruits, aux cultures ou aux jeunes oiseaux, la Pie bavarde participe aussi au recyclage naturel des milieux. Protéger les zones sensibles permet d’éviter une mise à mort systématique.
- l’Étourneau sansonnet : Accusé de dégâts dans les vignes, vergers et cultures, l’Étourneau sansonnet consomme pourtant de nombreux insectes et larves. Filets, effarouchement ciblé et gestion locale des grands regroupements permettent d’agir sans tuer massivement.
- La Fouine : Souvent accusée dans les poulaillers ou les combles, la Fouine est aussi une prédatrice utile contre les rongeurs. Fermer les accès aux bâtiments et sécuriser les poulaillers permet de limiter les conflits sans la piéger.
- La Martre : Retirée du classement en 2025 grâce au recours de la LPO, la Martre des pins est aujourd’hui à nouveau menacée. Espèce forestière discrète, elle mérite des preuves solides, pas un retour en arrière : protéger les élevages sensibles doit passer avant le piégeage.
- Le Geai des chênes : Elle n’est pas l’espèce la plus tuée, mais il incarne l’absurdité du classement ESOD : même ce planteur de chênes, utile aux forêts, peut être condamné sans preuve dans quelques territoires seulement. Préserver les haies et protéger localement les cultures permet pourtant de cohabiter avec lui.
- La Belette d'Europe : Accusée ponctuellement dans de petits élevages mal protégés, la Belette d’Europe est surtout une alliée contre les campagnols et les mulots. Un grillage fin et des accès bien fermés évitent les conflits sans avoir à la tuer.
La Martre des pins : une victoire remise en cause
En 2025, grâce au recours de la LPO et de ses partenaires, la Martre des pins avait été retirée du classement ESOD dans tous les départements concernés. Cette décision du Conseil d’État montrait que le classement de l’espèce ne reposait pas sur des bases suffisamment solides.
Mais aujourd’hui, l’État prévoit de la réintégrer dans le classement 2026-2029. Ce retour en arrière illustre l’acharnement d’un système qui continue de condamner des espèces sauvages sans preuve suffisante.
Avec votre soutien, la LPO poursuivra son action pour faire retirer la Martre du classement et contester l’ensemble des décisions injustifiées devant le Conseil d’État.
- 2016 : le mot « nuisibles » disparaît au profit d’« espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Mais derrière le changement de vocabulaire, la logique reste la même : tuer des animaux sauvages sans preuve suffisante.
- 2023 : la LPO lance la campagne « Présumés coupables » pour dénoncer ce classement injustifié et mobiliser ses donateurs.
- 2023-2025 : grâce au soutien reçu, la LPO porte ce combat devant le Conseil d’État, aux côtés d’autres associations.
- 13 mai 2025 : première victoire ! La Martre des pins est retirée du classement dans tous les départements concernés.
- 9 juillet 2026 : l’État revient en arrière. Son projet d’arrêté 2026-2029 prévoit de réintégrer la Martre et de maintenir neuf espèces sauvages dans ce système de mise à mort.
- Du 9 au 30 juillet 2026 : le projet d’arrêté est soumis à consultation publique. La LPO appelle les citoyens à dire non à ce texte et à défendre une autre voie : comprendre, prévenir, cohabiter.
- 2026-2027 : avec votre soutien, la LPO saisira à nouveau le Conseil d’État pour faire retirer la Martre du classement et contester l’ensemble des décisions injustifiées !
Pourquoi la LPO combat ce classement ?
La LPO s’oppose au classement ESOD car il maintient une politique de mise à mort massive, coûteuse et injustifiée, alors que la science et les solutions de cohabitation devraient guider les décisions publiques.
Les études récentes montrent que tuer ces espèces ne diminue pas efficacement les dommages qui leur sont reprochés. Augmenter les mises à mort ne règle pas le problème, et les arrêter n’entraîne pas davantage de dégâts.
Les destructions sont estimées entre 103 et 123 millions d’euros par an, pour seulement 8 à 23 millions d’euros de dégâts déclarés. C’est une politique coûteuse, financée au nom d’une efficacité qui n’est pas démontrée.
Le classement repose souvent sur des déclarations peu vérifiées, parfois imprécises, sans preuve solide de l’espèce réellement responsable. Des animaux peuvent donc être tués pour des dégâts dont ils ne sont pas responsables avec certitude.
Renards, martres, belettes et fouines participent aux équilibres naturels, notamment en régulant de petits animaux ; geais, corneilles, pies et corbeaux dispersent les graines, recyclent la matière organique et contribuent à la régénération des milieux.
Prévention des dégâts, sécurisation des cultures et des élevages, effarouchement ciblé, enrobage répulsif des semences ou gestion localisée des conflits devraient être privilégiés.
En 2025, la LPO avait obtenu le retrait de la Martre des pins devant le Conseil d’État. Mais le projet 2026-2029 prévoit de la réintégrer au classement. Ce recul fragilise les engagements de l’État pour la biodiversité et montre que ce combat doit se poursuivre.
Comment la LPO agit concrètement ?
Face au projet de classement ESOD 2026-2029, la LPO mobilise ses expertises naturalistes, juridiques et citoyennes pour faire reculer les décisions injustifiées et défendre des solutions de cohabitation.
Les équipes de la LPO analysent le projet d’arrêté, les données naturalistes, les études scientifiques et les réalités de terrain.
Objectif : démontrer les failles du classement, documenter le rôle écologique des espèces concernées et construire des arguments solides, notamment pour défendre la Martre des pins.
Avec son service juridique et ses partenaires associatifs, la LPO prépare les recours nécessaires devant le Conseil d’État.
Objectif : faire retirer la Martre du classement et contester l’ensemble des décisions insuffisamment justifiées.
La LPO informe ses sympathisants, mobilise les citoyens lors de la consultation publique et porte ce combat dans le débat public.
Objectif : faire entendre la voix de celles et ceux qui refusent que tuer la faune sauvage devienne une réponse automatique.
La LPO propose des solutions concrètes pour concilier les activités humaines et la protection de la nature : prévention des dégâts, sécurisation des cultures et des élevages, effarouchement ciblé, médiation et conseils pratiques.
Objectif : remplacer la logique de mise à mort par une approche fondée sur la connaissance, la prévention et le respect du vivant.
À quoi servira votre don ?
Votre soutien donnera à la LPO les moyens de faire reculer l’injustice subie par ces espèces sauvages condamnées sans preuve.
- Avec 50 € *, vous contribuez à l’analyse du projet d’arrêté ESOD 2026-2029 et à la consolidation des arguments scientifiques permettant de contester les classements injustifiés.
- Avec 100 € *, vous aidez la LPO à informer les citoyens, mobiliser ses sympathisants et faire entendre une autre voix face à une politique de mise à mort dépassée.
- Avec 150 € *, vous soutenez la diffusion de solutions concrètes pour concilier les activités humaines et la protection de la nature : prévention des dégâts, sécurisation des cultures et des élevages, effarouchement ciblé, médiation et conseils pratiques.
- Avec 250 € *, vous participez à la préparation de nouveaux recours devant le Conseil d’État pour faire retirer la Martre du classement et contester les décisions insuffisamment justifiées.
- Avec 500 € *, vous donnez à la LPO les moyens de porter ce combat dans la durée : expertise scientifique, mobilisation citoyenne, action juridique et défense d’une autre relation au vivant.
Cette politique repose sur une logique absurde : l’État autorise à tuer des espèces sauvages, puis il utilise le nombre d’animaux tués pour affirmer que l’espèce est encore bien présente, qu’elle peut causer des dégâts, et qu’il faut donc continuer à la classer ESOD. À la LPO, nous voulons sortir de ce cercle vicieux et remettre la science, le droit et la cohabitation au cœur des décisions publiques.
Matteo SIRI Service Protection juridique et plaidoyer de la LPO
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