Un épisode d’ampleur sur la façade atlantique
Les principales espèces concernées sont des alcidés, avec une majorité de Macareux moine. L’épisode dépasse les frontières françaises : en Espagne et au Portugal, nos partenaires BirdLife (SEO pour l’Espagne, SPEA pour le Portugal) recensent plusieurs milliers d'oiseaux échoués sur l’ensemble de la façade atlantique, avec une accentuation récente sur le Golfe de Gascogne sud (dû aux vents), jusqu’au nord de la Bretagne. Une augmentation des échouages a également été détectée plus au nord, notamment dans les îles Anglo-Normandes et au Royaume-Uni.
Au total, plus de 800 oiseaux ont ainsi été signalés sur l’ensemble de la façade atlantique. Ces chiffres ne sont toutefois pas le reflet de la mortalité réelle. En effet, on considère que pour un oiseau retrouvé, dix autres seraient morts sans être signalés.
Les échouages massifs d’oiseaux marins surviennent fréquemment à la suite de tempêtes hivernales. En 2014, plus de 50 000 oiseaux marins s’étaient échoués sur le littoral atlantique, dont 96 % d’alcidés et 64 % de macareux moines, illustrant l’ampleur que peuvent atteindre ces phénomènes.
Une mobilisation exceptionnelle des centres de soins
Face à l’intensité de l’épisode, les centres de soins pour la faune sauvage connaissent une mobilisation exceptionnelle. En cinq jours, 332 oiseaux marins (Macareux moine, Guillemot de Troïl, Mergule nain) ont été admis dans ces structures, témoignant de la pression inédite sur les capacités d’accueil. Pour y faire face, les centres s’organisent et s’entraident, avec des transferts d’espèces entre les structures arrière-littorales et celles situées sur le littoral afin de désengorger les sites les plus sollicités.
Parmi eux figurent quelques mergule nains, espèce rarement observée sur les côtes françaises, dont un oiseau recueilli vivant et actuellement en soin au centre de soins de la LPO Aquitaine situé à Audenge (33).
Les centres de soins s’organisent pour assurer la meilleure prise en charge possible des oiseaux survivants, malgré un afflux massif et soudain. Le suivi assuré par le REOMA permettra d’affiner dans les prochaines semaines l’évaluation de l’ampleur réelle de cet épisode à l’échelle de la façade atlantique.
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- Suivre l’évolution du phénomène d’échouage*
*depuis le 1er février : 2 045 données enregistrées sur Faune France pour 7 524 macareux échoués (morts et vivants)