Corse : la justice annule définitivement le projet de parc éolien de Calenzana

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Après 20 ans de bataille juridique, la LPO obtient l’annulation définitive du parc éolien de cette commune de Haute-Corse connue comme le point de départ du célèbre GR20.

Gypaete barbu © Emile Barbelette

Un site naturel à très forte valeur écologique

Le parc devait être implanté au lieu-dit Bocca d’Azzon, sur une crête montagneuse séparant deux vallées sauvages du nord-ouest de la Corse. Cette zone présente une biodiversité exceptionnelle, avec pas moins de quinze sites Natura 2000 dans un rayon de 30 kilomètres, dont l’un situé à seulement 100 mètres des premières installations prévues.

Le secteur est notamment un habitat crucial pour plusieurs rapaces d’intérêt patrimonial majeur comme le Gypaète barbu, espèce en danger critique d’extinction en Corse avec seulement cinq couples recensés, ainsi que l’Aigle royal et le Milan royal. Implanté au sommet d’une crête séparant deux vallées, le projet se situait directement dans un axe de déplacement de ces espèces, ce qui faisait peser un risque important de collision.

Un projet contesté depuis ses débuts

Initialement porté en 2008 par la société Kyrnéole, le projet avait obtenu un permis de construire malgré d’importantes lacunes dans l’évaluation environnementale. Sous la pression des recours engagés par la LPO et face à la menace d’un contentieux européen, le préfet avait finalement déclaré ce permis caduc en 2012, une décision confirmée en 2016 par la justice administrative.

Relancé en 2018 par la société Marseole, le projet avait de nouveau été autorisé par le préfet via une décision de non-opposition au titre du régime des ICPE, accompagnée de la délivrance d’un permis de construire avant d’être contesté en justice par la LPO. La cour administrative d’appel de Marseille avait successivement annulé, en 2023 puis en 2024, les autorisations délivrées, pointant notamment l’absence d’évaluation environnementale complète, d’insuffisances dans l’évaluation des incidences Natura 2000 et de l’absence de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées.

Une victoire pour la protection des rapaces corses

Faute de régularisation par le porteur de projet malgré plusieurs délais accordés, la juridiction a finalement prononcé son annulation définitive.

Cette décision met un terme à près de deux décennies de procédure et constitue une victoire majeure pour la protection de la biodiversité corse, en particulier pour ses rapaces les plus menacés.

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