Protéger les nichées des oiseaux de plaine du Poitou-Charentes

Certains oiseaux de plaine sont présents en Poitou-Charentes toute l’année, alors que d’autres y reviennent uniquement se reproduire à la belle saison. Après les parades, les couples se forment et certains installent leur nid, au sol, au cœur des champs ou des parcelles en herbe, comptant sur leur plumage de camouflage ou sur la végétation pour passer inaperçus.

Or, la destruction accidentelle des œufs ou des jeunes, lors des travaux agricoles, comme le binage, la fauche ou la moisson, est l’une des principales menaces pesant sur les oiseaux de plaine. 
C’est pour l’éviter que bénévoles et salariés de la LPO réalisent des suivis dès le printemps et installent des protections adaptées à chaque espèce :

 

Les busards

Trois espèces de busards nichent en Poitou-Charentes : le busard cendré, qui migre au sud du Sahara, et revient en France à partir de mi-avril, le busard Saint-Martin et le busard des roseaux, qui sont visibles toute l’année. La disparition progressive de leurs milieux de vie, les landes et les friches, les a conduits à faire leur nid dans les champs de céréales (blé, orge, seigle, méteil), de luzerne et dans les prairies hautes ou les friches.

Or, au moment des moissons, de nombreux jeunes ne sont pas encore capables de voler. Une cage grillagée d’environ un mètre carré, bien visible, est alors posée autour du nid, avec l’accord de l’agriculteur, qui contourne ensuite cette zone protégée pendant la moisson.
Si aucune protection du nid n’était mise en place, 50 à 90 % des nichées seraient détruites involontairement, la proportion tendant à augmenter quand les moissons sont plus précoces.

 

L’œdicnème criard 

L’œdicnème criard, appelé aussi courlis de terre, passe l’hiver en Espagne ou en Afrique du Nord et vient se reproduire en France. Doté d’un plumage qui le camoufle, il sélectionne les cultures de printemps pas encore très hautes ni denses, comme le tournesol, le maïs, les pois, les lentilles…, pour y pondre deux œufs qui se fondent aussi dans le décor nu et caillouteux.

C’est lors des travaux de printemps (semis, binage…) que les nids, très difficiles à localiser, peuvent être détruits par inadvertance. Pour faciliter l’évitement des nids lors du passage des machines, les naturalistes les repèrent et, avec l’accord des agriculteurs concernés, installent des piquets colorés pour matérialiser leur emplacement. Chaque année, en moyenne 120 nids d’œdicnèmes sont ainsi trouvés en Poitou-Charentes. De plus, la sensibilisation et l'information des agriculteurs leur permet de repérer et d’éviter les nids présents dans leurs parcelles de manière autonome.

 

L’outarde canepetière

Les outardes passent l’hiver en Espagne ou au Portugal, et reviennent dans nos plaines au printemps. Les mâles paradent, bien en vue dans une prairie, un champ de tournesol ou un chemin, mais les femelles, beaucoup plus discrètes, se cachent dans les herbes hautes pour pondre et élever les jeunes. L'espèce a failli disparaître des plaines du Centre-Ouest. Les causes principales sont la raréfaction des parcelles en herbe dans les plaines et l’intensification des pratiques de fauche qui peuvent conduire à la destruction des nids et des femelles couveuses.

La LPO accompagne la mise en place des MAEC, les mesures agro-environnementales et climatiques. Grâce à ces contrats, des agriculteurs volontaires maintiennent ou créent des parcelles herbacées non traitées, et non fauchées entre mai et août. Les femelles outardes peuvent y nicher en toute quiétude, et y trouver des insectes en abondance pour nourrir leurs poussins. 

La LPO anime le plan national d’action Outarde (2020-2029), à l’échelle de la France, et participe au Life Eurobustard (2025-2032), à l’échelle de l’Europe de l’Ouest.
Ces programmes visent à améliorer l’habitat des outardes mais aussi à sensibiliser les agriculteurs et à mener des actions de protection des nids et de renforcement des populations afin de combler le déficit de femelles.

dernière mise à jour : 29 avril 2026