Un bilan mitigé sur cette période, normalement propice aux premiers groupes de milans noirs en partance pour l’Afrique subsaharienne. En effet, l’effectif total pour cet oiseau à l’issue du mois de juillet ne s’élève qu’à 6 026 individus et représente donc l’avant dernier, en termes d’importance, sur les 9 dernières années ! Difficile d’expliquer la raison de ce retard, également constaté au col du Soulor, plus à l’Est, qui partage habituellement avec Organbidexka la grande majorité de l’effectif saisonnier pour cette espèce. Sont-ils passés plus tôt ? Ont-ils été découragé par un régime de vents de sud particulièrement marqué en cette fin de juillet ? La première quinzaine du mois d’août apportera sûrement des réponses !
Deux journées, néanmoins, ont permis l’observation d’un nombre significatif de milans noirs. Il s’agit des 23 et 28 juillet, qui ont vu défiler respectivement 1 712 et 1 509 individus. Des chiffres intéressants, certes, mais qui n’ont cependant rien à voir avec les quantités attendues à cette période !
En parallèle, certaines espèces se sont faites remarquer pour leur apparition particulièrement précoce ! C’est ainsi que les premières cigognes blanches (un groupe de 98 individus) ont été observées en migration au-dessus du col dès le 19 juillet ! Cet effectif, déjà conséquent, a été porté à un total de 447 individus au 31 juillet, ce qui représente un record pour le site. Le premier Busard des roseaux a également fait son apparition le 19 juillet. Une date particulièrement précoce pour cette espèce dont le cœur de la traversée des Pyrénées se situe dans la deuxième décade du mois de septembre. Là encore, avec 9 individus, ce mois de juillet représente le plus important en termes d’effectif pour l’espèce sur les 9 dernières années.
Notons que le compteur a également été lancé pour plusieurs autres espèces emblématiques du site ! Déjà 11 bondrées apivores (premières au 28 juillet), 4 cigognes noires (20 juillet) et 2 busards cendrés (premier au 23 juillet). La saison se profile tranquillement !
Par ailleurs, un Vautour moine a été vu le 19 juillet, cerclant dans une « pompe » d’une dizaine de vautours fauves. Un oiseau rare et discret, présent chaque année à Organbidexka à hauteur d’une poignée d’individus, et dont le bastion de reproduction le plus proche se trouve dans les Grands Causses (34). Également, ce sont au moins 2 faucons d’Éléonore qui ont été observés en ce début de saison ! Ce rapace, proche parent du Faucon hobereau auquel il ressemble beaucoup et dont les colonies se situent sur plusieurs archipels méditerranéens, a décalé sa période de reproduction pour la centrer sur celle du passage en migration de la majorité des espèces de passereaux, dont il se nourrit. Les observations sur le Col d'Organbidexka, et plus généralement en France à cette période, concernent donc des oiseaux au retour de leur migration prénuptiale, en recherche de nourriture en attendant de regagner leur colonie.
Enfin, que serait le Col d'Organbidexka sans le Gypaète barbu ? Vautour légendaire des zones de montagne, arpenteur silencieux des vastes alpages et des pentes austères ; oiseau ici non migrateur et dont l’observation peut se faire tout au long de la saison... Au moins 5 individus ont déjà été identifiés avec certitude par notre équipe d’observatrices et d’observateurs en cette fin de juillet !
Autre espèce phare des cimes de la Haute-Soule : l’Aigle royal nous a déjà gratifié de quelques spectaculaires attaques sur des milans noirs en migration. Le début d’une longue liste pour ce prédateur aussi redoutable que majestueux !
Que nous réservera la suite de cette saison de suivi ? Nous avons hâte de le découvrir !
Un grand merci à tous les bénévoles et les écovolontaires venus nous prêter main-forte.
Photo 1 : Martinet pâle © Guillaume LACOUR / Photo 2 : Site d'observation © Hélène RAGUET-BEDNARZ / Photo 3 : Vautour fauve © Guillaume LACOUR / Photo 4 : Milans noirs © Gaëtan MADELINE
Devenir écovolontaire
Il est possible de devenir écovolontaire sur une journée, plusieurs jours ou semaines. Une participation financière vous est demandée en fonction de la durée de votre séjour. Une formation sur mesure vous est proposée en immersion aux côtés d’observateurs expérimentés ! Dans le guide de l'écovolontaire, disponible ci-dessous en téléchargement, retrouvez les sites de suivis et les modalités d'inscription.
Trois missions sont au cœur de l’écovolontariat : Repérer et identifier les oiseaux migrateurs (aucune compétence ornithologique n’est requise, vous êtes formé sur le site), intégrer ces résultats à la base de données et sensibiliser les visiteurs au phénomène de la migration.
Découvrez le guide en téléchargement !
[English version available]
Votre contact : [email protected]