Un mois d’avril riche en diversité à la Pointe de Grave ! Les bourgeons sortent, les pollinisateurs resurgissent et les oiseaux affluent de partout vers le Nord. Ce deuxième mois de suivi constitue généralement le cœur du passage migratoire, et cette année ne semble pas déroger à la règle.
Tout d’abord, de beaux mouvements de canards souchets viennent nous rappeler que le mois de mars vient tout juste de s’achever. Du 3 au 5 avril, ils ont été 1 493 à défiler devant le phare de Cordouan, haut dans le ciel ou au ras de l’eau. Ils ont été imités par un vol (peu fréquent pour le site) de 5 sarcelles d’été, le 6 avril. Toujours chez les oiseaux d’eau, les courlis corlieux (904 individus) et barges rousses (41 individus) ont fait leur arrivée ce mois-ci, et animent désormais presque quotidiennement les journées de l'équipe. Chez les limicoles, le Chevalier sylvain nous a agréablement surpris avec de beaux vols, parfois mixtes avec des chevaliers aboyeurs, portant le total d’individus comptés à 81, ce qui constitue déjà un nouveau record saisonnier pour le site. Toujours sur l’eau, les très attendues sternes caspiennes sont enfin arrivées, et en nombre : nous avons pu en observer 19, dont 7 pour la seule journée du 6 avril, avec parfois de très belles proximités. Avec leur vol plus papillonnant, les premières guifettes moustacs ont également été détectées côté océan. Les spatules blanches ont continué à franchir l’estuaire en très grand nombre, notamment lors de ces deux journées records les 3 (496 individus) et 4 avril (625 individus).
Mais quand les oiseaux passent sur l’eau, attention à garder un œil vers le ciel ! Les passereaux en profitent pour parfois voler très haut, rendant leur détection compliquée. Les hirondelles rustiques ont migré en très grand nombre en ce mois d’avril. Les 64 414 hirondelles comptées ce mois-ci portent l’effectif saisonnier à 76 471 individus, ce qui constitue d’ores et déjà une excellente saison pour cette espèce. Parmi elles, 2 hirondelles rousselines ont pu être détectées (30/04) grâce à leur croupion clair et à leur « pantalon » noir. Chez les fringilles, les linottes mélodieuses nous ont offert de beaux après-midi, comme le 5 avril (1 909 individus), tandis que les chardonnerets élégants se sont montrés plutôt discrets. Les bergeronnettes printanières ont également coloré le ciel de leurs couleurs jaunes les 20 et 21 avril, avec pas moins de 1 112 individus ayant franchi l’estuaire, un beau spectacle ! Enfin, mention spéciale pour les sizerins cabaret et/ou flammé, puisque 14 d’entre eux ont pu être détectés ce mois-ci depuis la dune. Ce duo d’espèces presque indistinguable en vol, ordinairement très rare pour le site, a beaucoup été observé en hivernage en France cette année, ce qui pourrait expliquer cette remontée notable de migrateurs sur la pointe.
Venons-en à l’espèce phare du site, la Tourterelle des bois. Détectée pour la première fois le 9 avril, elle a déjà offert de beaux spectacles, avec 2 573 individus comptabilisés. Nous avons hâte d’observer son pic de migration, qui a généralement lieu au début du mois de mai. Tout aussi magnifique et discret sur ses sites de nidification, le Loriot d’Europe nous a laissé admirer son beau plumage, bien que souvent à contre-jour dans le soleil du matin. Nous en avons notamment compté 89 le 21 avril. Dans la même palette de couleurs, les guêpiers d’Europe sont enfin revenus de leur voyage hivernal. Les premiers migrateurs de cette espèce ont migré le 15 avril, et les oiseaux locaux viennent désormais se poser quotidiennement près de la dune.
Du coté des rapaces transsahariens, les premiers faucons hobereaux et busards cendrés ont été observés le 5 avril. Les premiers se sont montrés très en vue, avec 320 individus en migration (pic à 92 individus le 21 avril), tandis que les seconds se sont faits plus discrets, avec seulement 44 individus. Les milans noirs ont continué de franchir l’estuaire quotidiennement (1 371 individus), et les premières bondrées apivores de la saison, qui mettaient à mal la patience de l'équipe, ont enfin été observées le 29 avril. Le 21 avril, les premiers busards pâles et faucons kobez de la saison ont ravi tout le monde. Bien qu’annuelles, ces deux dernières espèces n’en restent pas moins relativement rares pour le site.
Pour finir, plusieurs raretés sont venues pimenter nos journées d’adrénaline, de surprise et d’émerveillement. Une Aigrette des récifs a été observée sur l’eau le 19 avril, ce qui constitue la première donnée de cette espèce africaine pour le site. De même, un Bruant nain s’est posé dans le robinier à côté du site d’observation le 6 avril. Un Pipit à dos olive a pu être détecté au sonogramme le même jour et un Pipit de Richard nous a survolé le 21 avril.
Nous remercions tous les écovolontaires et bénévoles qui ont participé avec nous au suivi. Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux sur la dune pour observer les oiseaux migrateurs avec nous !
Guêpier d'Europe © Hugo Viger / Faucon hobereau © Guillaume Rey / Loriot d'Europe Lucille Guion / Échasses blanches © Guillaume Rey / Bruants proyer et Linotte mélodieuse © Guillaume REY / Héron pourpré © Guillaume Lacour
Devenir écovolontaire
Il est possible de devenir écovolontaire sur une journée, plusieurs jours ou semaines. Une participation financière vous est demandée en fonction de la durée de votre séjour. Une formation sur mesure vous est proposée en immersion aux côtés d’observateurs expérimentés ! Dans le guide de l'écovolontaire, disponible ci-dessous en téléchargement, retrouvez les sites de suivis et les modalités d'inscription.
Trois missions sont au cœur de l’écovolontariat : Repérer et identifier les oiseaux migrateurs (aucune compétence ornithologique n’est requise, vous êtes formé sur le site), intégrer ces résultats à la base de données et sensibiliser les visiteurs au phénomène de la migration.
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