La société Pure Salmon France porte un projet industriel d’élevage terrestre et de transformation de saumons, à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde : celui-ci fait peser des risques conséquents sur les écosystèmes, notamment marins, et sur la ressource en eau potable de la région.
L'enquête publique qui se clôt lundi 19 janvier à 16h est la dernière étape avant l’autorisation du projet. La LPO se joint à de nombreuses associations, locales et nationales, pour construire la mobilisation contre ce projet.
La LPO est défavorable à ce projet
On vous explique les principales raisons :
- Le projet se situe à l’interface entre de nombreux espaces protégés :
Dans le périmètre du Parc naturel régional Médoc
À proximité immédiate de 4 sites Natura 2000 et du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis.
- Les inventaires et l’évaluation des impacts du projet sur la biodiversité sont très insuffisants. Les inventaires sur le site de l’usine sont anciens, ils ont été réalisés entre 2007 et 2013 avant que le site ne soit remblayé pour accueillir des projets industriels.
- L’évaluation de l’impact des rejets de l’usine sur les écosystèmes estuariens est extrêmement lacunaire :
Les inventaires des écosystèmes côtiers sont incomplets et l’étude d’impact conclut à une absence d’impact sans même prévoir de mesures de suivi précis.
Rappelons que l’estuaire de la Gironde est un écosystème extrêmement précieux, déjà soumis à de nombreuses pressions. Il abrite notamment plusieurs espèces de poissons migrateurs, notamment la dernière population sauvage d’Esturgeon d’Europe, ou l’anguille européenne, en danger critique d’extinction.
- Un risque inacceptable pour les nappes profondes
Le projet prévoit des prélèvements d’eau estimés à 6 500 m³ par jour, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de près de 44 000 habitants.
Ces prélèvements doivent être effectués sur la nappe plio-quaternaire (impropre à la consommation humaine). Une étude du Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) indique que les forages prévus pour l’usine font peser un risque de salinisation de la nappe éocène à proximité, stratégique pour l’alimentation en eau potable dans la région.
Au regard de cette étude, la Commission locale de l’eau, en charge de la préservation des nappes profondes, a considéré que le projet était incompatible avec le Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE).
- Un modèle mondialisé très impactant pour l’environnement
Le projet prétend contribuer à la « souveraineté alimentaire » de manière fallacieuse car il repose sur une chaîne de production fortement mondialisée et dépendante des importations : œufs de saumon importés d’Islande, alimentation importée (farines et huiles de poissons issus de stocks surpêchés d’Afrique de l’Ouest ou du Pacifique Sud-Est, matières végétales principalement importées du Brésil, contribuant à la déforestation)
- L’impact carbone du projet est de fait démesuré : importations à l’international, transport par camion du saumon produit et des rejets divers, usines réfrigérées…
Aujourd'hui, la LPO fait appel à votre mobilisation.
En participant à l'enquête publique : Les avis des habitants des départements de Gironde et Charente-Maritime sont priorisés par les commissaires enquêteurs, alors dites aussi NON, avant le 19 janvier à 16h !
En manifestant : Le collectif Usine de Saumons Non Merci organise une manifestation au Verdon le 18 janvier (veille de la clôture de l’enquête). La LPO vous invite à y participer. Le rendez-vous est fixé à 14h à Port Médoc (voir la communication de l'association Seastemik).
Merci pour votre engagement et votre mobilisation !
L'équipe de la LPO Aquitaine et la LPO Poitou-Charentes