Pesticides vs Biodiversité : continuons à préserver le vivant !

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Alors que s'achève la Semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP), il est important de continuer à se mobiliser, ensemble, pour réduire l'utilisation des produits chimiques de synthèse qui portent atteinte à la biodiversité, à notre environnement et à notre santé.

Crédit photo : Daniel Banakov - istockphoto

Crédit photo : Daniel Banakov - istockphoto

Les effets dévastateurs des pesticides sur l'environnement et la santé humaine sont aujourd'hui bien documentés par la communauté scientifique comme en attestent plusieurs expertises collectives, telles celles de l’Inserm et de l’INRAE/IFREMER.

La biodiversité en déclin

De récentes études montrent que les populations d'oiseaux et d'insectes sont fortement impactées par l'utilisation massive des produits chimiques en milieu agricole.

Populations d'oiseaux : Les oiseaux témoignent des transformations de notre environnement. Ils sont d'excellents bio-indicateurs reflétant l'état des habitats et des ressources alimentaires, notamment sur la disponibilité des insectes. La perte du bocage, des haies et l'agrandissement des parcelles agricoles réduisent leurs habitats de nidification. Les produits chimiques et pesticides réduisent les populations d'insectes, leur ressource alimentaire.

Ainsi, les populations d'oiseaux spécialistes des milieux agricoles ont vu leurs populations diminuer de -32,5% entre 2001 et 2024, ce qui représente la disparition de plusieurs millions d'oiseaux.

Pour exemples, le pipit farlouse a perdu 80% de sa population depuis les années 1980. La perdrix grise inféodée aux milieux agricoles a perdu 90% de ses populations en 40 ans. Le râle des genêts qui comptait 1200 mâles chanteurs dans les années 1985, aujourd’hui il en reste 120. Ces résultats sont issus du récent Rapport LPO 2026 - Les oiseaux des milieux agricoles, le signal d'alarme.

Populations d'insectes : Les populations d’insectes ont diminué de 70 à 80 % dans les paysages européens mixtes agro-industriels, comme le montrent de nombreuses études menées durant ces dix dernières années (source : MNHN, 2026). Le déclin des insectes met en péril le vivant. Les insectes assurent des rôles essentiels dans la nature comme la pollinisation des plantes et des arbres, la production de nos ressources alimentaires et l'équilibre des écosystèmes.

Aux Pays-Bas, une récente étude menée par Butterfly Conservation Foundation (ONG anglaise sur l'étude et la connaissance des papillons sauvages), montre que 51 substances chimiques issues de pesticides, fongicides et herbicides ont été retrouvé dans 10 réserves naturelles Natura 2000, bénéficiant du plus haut statut de protection aux Pays-Bas, certaines substances étant bannies depuis des décennies.

Doublure jaune (Euclidia glyphica) Etang du Louroux - 37 © Nicolas Macaire / LPO

Doublure jaune (Euclidia glyphica) Etang du Louroux - 37 © Nicolas Macaire / LPO

Les produits chimiques de synthèse perdurent dans l'environnement et peuvent nuire à la santé humaine. Il est nécessaire de réduire leur épandage dans le milieu agricole pour préserver la nature. Les pesticides ne sont pas une fatalité et il est possible de s’en passer et de produire autrement.

Agir c'est possible !

Nous pouvons agir sur les causes de déclin et nous pouvons encore agir pour maintenir la biodiversité et l'équilibre des écosystèmes.

En tant que citoyen, nous avons le choix de nous orienter vers des modèles de consommation plus respectueux de l'environnement en choisissant pour notre alimentation des produits de saisons, issus de circuits court et cultivés sans pesticides. Vous pouvez ainsi mieux maitriser ce que vous mettez dans votre assiette.

Vous pouvez :

  • Choisir des fruits et légumes bio, cultivés sans pesticides.
  • Choisir des fruits et légumes de saison qui réduisent l'émission de CO2 (il n'y a pas de transport par avions ou bateaux et pas de serres chauffées à l'énergie fossile).
  • Choisir une alimentation locale et durable, issue des circuits courts.

Consultez notre Fiche Action Citoyenne LPO - Agriculture Durable pour plus d'infos.

Coings d'un jardin biologique © Nicolas Macaire / LPO

Coings d'un jardin biologique © Nicolas Macaire / LPO

Si vous êtes propriétaire d'un jardin, vous pouvez :

  • Éviter d'utiliser d'anciens stocks de produits chimiques, d'herbicides, de répulsifs anti-fourmis ou anti-limaces... dans votre jardin ou dans votre maison.
  • Laisser la nature s'épanouir au printemps en laissant des zones fleuries et d'herbes hautes pour les insectes (voir le Geste Refuge "Je laisse des zones naturelles d'herbes hautes et de fleurs sauvages").
  • Réaliser un potager biologique si vous en avez l'envie et la place, pour produire vos propres fruits et légumes.

Mobilisons-nous avec la Marche pour un Printemps Bruyant ! 

La Marche pour un Printemps Bruyant est un rassemblement qui aura lieu le 4 avril 2026, pour lutter contre l’impact des pesticides sur la biodiversité et la santé.

La LPO participera à cette Marche pour un Printemps Bruyant qui se tiendra samedi 4 avril 2026 - 14h00 à Paris. Cette mobilisation se tiendra quelques jours avant la Journée mondiale de la santé et peu après la Semaine pour les alternatives aux pesticides.

Vous êtes à proximité de la capitale ? Joignez-vous à nous dans le cortège : RDV le samedi 4 avril 2026 - 14h00 à Paris  métro Grands Boulevards.   

Comment se mobiliser sans être à Paris ? 

En parallèle de cette mobilisation physique dans la capitale, la LPO invite chacun et chacune à participer à distance afin de manifester leur soutien et de créer un élan national. Pour vous joindre symboliquement à la marche, la LPO vous propose donc où que vous soyez de faire du bruit pour un printemps bruyant. 

Le dispositif : 

Une playlist “Printemps bruyant “ est mise à votre disposition sur SoundCloud.   

Le 4 avril à 15h, et pendant cinq minutes, montez le volume, allumez vos enceintes et lancez la lecture ! Faites résonner le printemps dans votre maison, votre rue, votre voiture fenêtres ouvertes. Et si ce n’est pas possible ? Lancez la playlist dans vos écouteurs ou votre casque !  

N’oubliez pas de vous filmer ou de vous prendre en photo !   

Envoyez-nous vos contributions sur Facebook et Instagram avec l’hashtag #PrintempsBruyant2026 et une mention de la LPO France, qui partagera vos participations partout en France.  

Soyons nombreux à faire entendre notre voix pour un printemps vivant et bruyant ! 

Coquelicots (Papaver rhoeas) © Nicolas Macaire / LPO

Coquelicots (Papaver rhoeas) © Nicolas Macaire / LPO

Rejoindre la démarche Refuge LPO ou renouveler votre engagement à nos côtés

Le programme Refuges LPO a depuis de longue date inscrit comme condition d'inscription de ces terrains, la non-utilisation des produits chimiques et des pesticides de synthèse chez les particuliers et dans les collectivités.

Les propriétaires ou gestionnaires d'un Refuge LPO s'engagent moralement à respecter la Charte des Refuges et les 15 Gestes favorables pour le maintien de la biodiversité dont fait partie le Geste "Je n'utilise pas de produits chimiques nocifs pour la faune et la flore".

Aller sur la page d'accueil Refuges LPO