On connaît tous la Corneille noire, ce corvidé au plumage noir de jais et au croassement familier, souvent confondu avec le Corbeau freux ou le Grand Corbeau. Présente sur l’ensemble du territoire, la corneille fréquente aussi bien les villes que les campagnes, les zones humides que les milieux de montagne.
Son régime alimentaire, très varié, lui a permis de s'adapter aux activités humaines en se nourrissant notamment de nos déchets et de nos productions agricoles. Cette tendance au maraudage lui vaut de figurer sur la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) et d'être massacrée tout au long de l'année.
Réputée sédentaire, la Corneille noire n’est en réalité pas si casanière. Si les adultes restent généralement fidèles à leur territoire, les jeunes, eux, mènent une tout autre vie. De récents suivis télémétriques menés par le Muséum national d’histoire naturelle révèlent des comportements différents. Au cours de leurs premières années, les jeunes corneilles peuvent en effet parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Ces grands déplacements coïncident avec le printemps et les semis agricoles. Les jeunes peuvent alors consommer des graines et de jeunes pousses de légumineuses.
Ces suivis mettent en évidence un autre point tout aussi intéressant : ces jeunes corneilles en dispersion parcourent en moyenne 2,5 kilomètres par jour entre deux dortoirs successifs. En d’autres termes, les individus présents dans un champ ou un dortoir un jour, seront remplacés par d’autres individus dès le lendemain. Par conséquent, tuer 600 000 corneilles noires chaque année en France n’a aucun impact sur la réduction des dégâts aux cultures.
Ces observations rejoignent les conclusions d’une étude récente publiée dans la revue Biological Conservation et qui démontre qu’augmenter les destructions d’animaux sauvages ne réduit pas les dégâts agricoles et qu’à l’inverse, réduire ces destructions n’entraîne pas d’augmentation des dommages.
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