Un bec rouge et une tête noire : facile à reconnaître en été, la Guifette moustac est également la plus grande des guifettes, avec une envergure pouvant atteindre 70 cm. Elle se fait plus discrète en hiver puisque sa calotte noire disparaît pour laisser place à une tête blanche, marquée d’une ligne foncée qui part de l’œil.
Cet oiseau migrateur arrive en France entre la fin mars et le mois de mai pour se reproduire dans des zones humides. Marais d’eau douce, mares et étangs constituent son habitat principal : elle y chasse des insectes, des têtards et des petits poissons, mais elle s’y reproduit également. La Guifette moustac commence par assembler un radeau flottant à partir de végétaux, sur lequel elle construit son nid. La femelle y pond entre 3 et 5 œufs qui éclosent au bout de deux semaines. Les poussins s’envolent environ un mois et demi plus tard.
Plusieurs colonies existent en France, dont l’une des plus importantes se situe sur la Réserve naturelle nationale de Chérine, au cœur de la Brenne. Créée en 1985, elle est constituée d’une mosaïque d’habitats dont la moitié est couverte d’eau. Copropriété du Département de l'Indre, du WWF-France, de la LPO et de l'association Chérine, qui en assure la cogestion à nos côtés, la Réserve bénéficie d’une variété de milieux remarquable, allant des praires sèches aux étangs, en passant par les forêts.
En 2026, la LPO célèbre les 50 ans de la Loi du 10 juillet 1976, qui a marqué un tournant majeur pour la protection de la Nature en France. Ce texte fondateur a posé les bases d’un droit moderne de l’environnement : protection des espèces, création des Réserves naturelles, obligation d’études d’impact et reconnaissance du rôle des associations.