Pesticides à vie ? Non merci !

L'Omnibus « Pesticides » est un texte législatif européen lancé en décembre 2025 proposant un assouplissement inédit de l’encadrement des pesticides en Europe.

Le texte sera prochainement examiné en plénière au Parlement européen (au plus tôt : plénière du 19-22 octobre). 

Un appel à mobilisation a été lancé pour des manifestations le week-end du 10-11 octobre partout en France et en Europe, puis lors de la plénière à Strasbourg (date de la plénière non connue). La LPO est signataire de cet appel aux côtés d’une centaine d’organisations. 

 

Je rejoins une mobilisation

 

Un omnibus qui ouvre grand les vannes des pesticides

L'Omnibus « Pesticides », qui permet de modifier plusieurs textes à la fois, contient des mesures qui affaiblirait considérablement le cadre européen et supprimerait les principaux garde-fous de protection de la santé et l'environnement face aux pesticides. Parmi les mesures discutées, certaines sont particulièrement alarmantes :

  • Autorisations de mises sur le marché prolongées, voire illimitées de substances
  • Élargissement des dérogations d'usages pour les pesticides les plus dangereux
  • Facilitation des épandages par drone
  • Limitation de la prise en compte de nouvelles données scientifiques dans les évaluations
  • Prolongation des délais de grâce (une substance interdite d'utilisation pourra être utilisée plus longtemps).

 

Cet omnibus est symptomatique des échecs et reculs des politiques publiques en matière d'environnement ces dernières années :

  • Lancé en 2009, le Plan Ecophyto fixait par exemple un objectif de réduction de 50 % des pesticides ; en 15 ans, leur utilisation a augmenté de 7 % !
  • Poussées par les syndicats agricoles productivistes et les industriels de l'agrochimie, les lois d'orientation agricole (2025), Duplomb (2025) et d'urgence agricole (2026) ont contribué à assouplir la réglementation applicable aux pesticides. Elles ont notamment permis le retour des néonicotinoïdes, pourtant interdits en France grâce à la Loi pour la reconquête de la biodiversité.

 

alouette des champs

L'Alouette des champs est une victime directe de l'utilisation de pesticides

 

Les pesticides : première pression sur le vivant

Chaque année en Europe, 20 millions d’oiseaux disparaissent, 800 millions en 40 ans : le modèle agricole intensif est la première cause d’érosion de disparition des oiseaux en France et en Europe. Les oiseaux de milieux agricoles sont les plus affectés : leur population a baissé de 32.5 % entre 2001 et 2024 (STOC).  

Plus de pesticides, moins d’oiseaux : une étude publiée début 2026 montrait une corrélation négative très forte (84.4 %) entre achats locaux de pesticides et abondance des populations d’oiseaux. 

Le cas de l’alouette des champs est emblématique : la disparition de ses ressources alimentaires liée à l’usage de pesticides a conduit à un déclin d’un quart de sa population, soit plus de 550 000 couples en une vingtaine d’année.  

Les pesticides de la famille des néonicotinoïdes ont été une cause majeure du déclin de la biodiversité. Leur interdiction en 2018 a produit des effets : l’écart d’abondance des oiseaux entre les parcelles traitées et non traités à l’Imidaclopride s’est réduit de 3.6 points (de -12.7 à -9.1 %)2. Quand on réduit la pression, les oiseaux reviennent.  

Les effets cocktail sont largement sous-évalués. Exemple : une étude récente sur la Perdrix grise montre que, même en l’absence de doses élevées, la combinaison de plusieurs molécules et l’addition de leur concentration entraîne une dégradation mesurable de leur état de santé.

Les oiseaux sont un indicateur de l’état de santé de nos écosystèmes, leur déclin est un signal d’alarme, le marqueur d’un modèle agricole dominant hostile au vivant.  

 

 

Les 10 et 11 octobre, mobilisons-nous face à l'agro-industrie !

La LPO s'associe à de nombreuses organisations (collectifs de victimes de pesticides, organisations paysannes, organisations environnementales, syndicales, médicales, associations de patients, de consommateurs, collectifs de médecins, scientifiques, mutuelles) pour vous appeler massivement à la mobilisation les 10 et 11 octobre 2026. Ensemble, exprimons notre refus d'une exposition toujours plus massive aux pesticides, notre volonté de protéger la santé humaine et les écosystèmes, et notre détermination à faire advenir un modèle agroalimentaire européen capable de nous nourrir en respectant les populations, les travailleurs et travailleuses, et les écosystèmes.

Pesticides à vie ? Non merci !

 

Organisons des rassemblements bruyants et populaires !

  • Le samedi 10 et le dimanche 11 octobre, partout en France, organisons des rassemblements dans nos communes, nos villes, nos villages ! Là où vous le souhaitez, organisez un rassemblement festif, déterminé et bruyant ! Partagez les photos de votre rassemblement ! 
  • Venez faire du bruit le jour du vote devant le Parlement européen à Strasbourg [date communiquée prochainement] : apportez vos casseroles, vos passoires et préparez-vous à faire du bruit pendant le vote ! Venez en nombre pour ce rassemblement populaire et festif.

 

Je rejoins une mobilisation

 

Nos demandes : la défense de la santé publique, de la biodiversité et de notre avenir

Face aux ravages déjà causés par le tout pesticides, cet Omnibus constitue un recul inacceptable et menace directement la biodiversité et la santé humaine en Europe. Dans un contexte marqué par les mobilisations successives contre les dernières lois agricoles, et à quelques mois de la présidentielle, nous demandons :

  • Aux eurodéputés : le rejet de l'Omnibus « Pesticides »
  • A l'Etat et aux candidats à l'élection présidentielle : 
    • un plan de sortie des pesticides et de soutien à la transition écologique de l'agriculture
    • de s'opposer à tout nouveau recul environnemental, en France ou en Europe.
dernière mise à jour : 23 septembre 2026