Dans l’écrin des roselières

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La Rousserolle turdoïde est un oiseau migrateur qui pèse 30 grammes et mesure une vingtaine de centimètres. Ce passereau parcourt chaque année plusieurs milliers de kilomètres entre l’Afrique subsaharienne, où il passe l’hiver, et les zones humides européennes où il se reproduit.  

Rousserolle turdoide (Acrocephalus arundinaceus) - Crédit photo : Jean-Luc Pinaud

Rousserolle turdoide (Acrocephalus arundinaceus) - Crédit photo : Jean-Luc Pinaud

En France, l’espèce est principalement présente dans le sud et l’est du pays, la façade atlantique, entre la Loire-Atlantique et la Gironde, où elle fréquente les roselières inondées et les phragmitaies denses. Dès le mois de mai, le mâle s’active alors à marquer son territoire, tandis que la femelle s’affaire à construire le nid. Suspendu à un mètre de hauteur entre trois et cinq tiges de roseaux, ce nid en forme de cône profond accueillera 4 à 5 œufs qui seront ensuite couvés pendant deux semaines. Pouvant atteindre la taille d’une petite grive, la Rousserolle turdoïde reste toutefois difficile à apercevoir. Son plumage brun uniforme lui permet de se fondre parmi les roseaux où elle passe la majeure partie de son temps. C’est souvent son chant typique, puissant, râpeux et répétitif qui trahit sa présence.   

Etroitement liée aux roselières inondées, la Rousserolle turdoïde se nourrit principalement d’insectes, de libellules, de chenilles, d’araignées et d’autres petits invertébrés. Depuis les années 1980, ses effectifs sont toutefois en fort déclin sous l’effet de la destruction et de la dégradation des roselières, provoquées notamment par le drainage des zones humides au profit de l’agriculture intensive, les aménagements du littoral et la pollution des eaux. Préserver ces habitats est aujourd’hui indispensable pour assurer l’avenir de cette espèce emblématique des milieux humides.  

Pour l’observer, rendez-vous notamment à la Réserve naturelle régionale du Bassin de la Bièvre. Créée autour d’un ancien bassin de rétention des eaux pluviales, cette enclave de biodiversité abrite une mosaïque de roselières, de saulaies et de boisements qui accueillent une avifaune exceptionnelle. Malgré sa situation au cœur d'un environnement fortement urbanisé et sa superficie de seulement 6 hectares, qui en fait l'une des plus petites réserves naturelles régionales d'Île-de-France, plus de 140 espèces d'oiseaux y ont été recensées ! 

En 2026, la LPO célèbre les 50 ans de la Loi du 10 juillet 1976 qui marque un tournant majeur pour la protection de la Nature en France. Ce texte fondateur a permis de poser les bases d’un droit moderne de l’environnement : protection des espèces, création des Réserves naturelles, obligation d’études d’impact, reconnaissance du rôle des associations…  

 

 

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