Réserve des Sept-Iles : 50 ans de protection célébrés en mer et sur terre

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Le 2 juillet 2026, élus, scientifiques, bénévoles, partenaires institutionnels et artistes se sont réunis à l’invitation de la LPO et du préfet des Côtes d’Armor pour célébrer les 50 ans de la réserve naturelle nationale des Sept-Îles, qui coïncident avec le cinquantenaire de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature.

De gauche à droite : Les dessinateurs Loïc Faujour et Coco, l'actrice Lucie Lucas et Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO - Crédit : LPO France

La journée a commencé à la station LPO de l'Île-Grande, où Allain Bougrain Dubourg, président de la l’association, a retracé l'histoire d'un engagement collectif né bien avant la loi elle-même. Au commencement, il y a le Macareux moine, chassé jusqu'à sa quasi-disparition sur l'île Rouzic au début du XXe siècle. « L'observer, c'est déjà l'aimer. L'aimer, c'est pouvoir le protéger », a rappelé Allain Bougrain Dubourg à propos de l’oiseau emblème de la LPO. Il a également tenu à saluer, un par un, les salariés, bénévoles et volontaires de la Station et de son centre de soins, exprimant « toute [sa] gratitude envers ces femmes et ces hommes passionnés, engagés, infatigables qui tiennent jour après jour au service de la faune sauvage en détresse ».

Des pionniers à la concertation d'aujourd'hui

Pascal Provost, conservateur de la Réserve, a replacé l’archipel dans une histoire plus longue, celle d'un « jeu de rencontres » entre pionniers - Albert Chappellier et Louis Magaud d'Aubusson, cofondateurs de la LPO en 1912, mais aussi l'académicien Charles Le Goffic ou le peintre Maurice Denis, tous attachés à ce territoire avant même que la loi ne vienne consacrer sa protection. Il est surtout revenu sur l'extension de la Réserve en 2023, fruit d'une décennie de concertation associant 50 structures. « On a réussi à se faire comprendre, à se faire confiance, c'est absolument essentiel », a-t-il souligné avant de conclure : « Demain, le destin des Sept-Îles appartient à tout le monde ».

Le Macareux moine, muse d'un jour

C'est dans cet esprit qu'a été inaugurée l'exposition « Des macareux par milliers », réunissant les dessins d'une quarantaine de personnalités du monde culturel et artistique invitées à représenter le Macareux moine. Coco, Lucie Lucas et Loïc Faujour, parmi les artistes contributeurs, ont fait le déplacement pour ce double anniversaire, prêtant leur notoriété pour passer ce message : il est encore temps d'agir pour la biodiversité.

Cap sur Rouzic

L'après-midi, cap sur le large. Direction l'île Rouzic et ses quelque 15 000 couples de Fous de Bassan, la plus importante colonie française. La mer a été généreuse ce jour-là : une dizaine de Macareux moines ont été observés, aux côtés de phoques gris, de Pingouins torda et de Guillemots de troïl, offrant aux participants un petit aperçu de la richesse préservée au sein de la Réserve en matière de biodiversité.

Les chiffres donnent la mesure du chemin parcouru. De 280 hectares à sa création à 19 700 hectares depuis l'extension de 2023, la réserve des Sept-Îles est devenue l'une des plus vastes réserves naturelles marines françaises. Chaque année, la station de l'Île-Grande sensibilise près de 50 000 personnes, dont plus de 7 000 scolaires, et soigne des centaines d'animaux sauvages (1097 en 2024), grâce aux salariés épaulés par près de 200 bénévoles.

François de Keréver, préfet des Côtes-d'Armor, était présent pour marquer l'engagement de l'État aux côtés de la LPO, du Conservatoire du Littoral, de l'Office français de la biodiversité et de l'ensemble des acteurs du territoire. Cinquante ans après la Loi fondatrice de 1976, cette journée aura surtout démontré une chose : protéger la nature dans la durée, c'est aussi tisser, patiemment, une communauté d'hommes et de femmes prêts à la défendre ensemble !