Le 30 septembre, les États membres de l’Union européenne ont adopté au Conseil leur position sur l’Omnibus « Pesticides ». Lancé par la Commission européenne en décembre 2025 sous couvert de simplification, ce texte prévoit plusieurs mesures qui affaibliraient considérablement l’encadrement des pesticides :
- Des approbations de substances prolongées, voire illimitées
- Un élargissement des dérogations permettant l’utilisation des pesticides les plus dangereux
- Une facilitation des épandages par drone
- Une limitation de la prise en compte des nouvelles données scientifiques dans les évaluations
- Une prolongation des délais de grâce après l’interdiction d’une substance.
Alors que les effets des pesticides sur la santé humaine et les écosystèmes sont déjà largement documentés, ces mesures risquent de renforcer encore la pression exercée sur le vivant.
Moins de pesticides, plus d’oiseaux !
Les oiseaux des milieux agricoles sont parmi les premières victimes de l’intensification des pratiques agricoles. Entre 2001 et 2024, leurs populations ont diminué de 32,5 % en France selon le Suivi temporel des oiseaux communs (STOC). À l’échelle européenne, près de 800 millions d’oiseaux ont disparu en quarante ans selon une étude du CNRS.
Les pesticides contribuent directement à cet effondrement, notamment en réduisant les ressources alimentaires des oiseaux. Pour exemples, le Pipit farlouse a perdu 80% de sa population depuis les années 1980. La Perdrix grise inféodée aux milieux agricoles a perdu 90% de ses populations en 40 ans. Le cas de l’Alouette des champs est tout aussi emblématique : la raréfaction de ses ressources liée à l’utilisation des pesticides a accompagné un déclin d’un quart de sa population, soit plus de 550 000 couples en une vingtaine d’années.
Les conséquences ne concernent pas seulement la biodiversité. Les pesticides sont également associés à de nombreux effets délétères sur la santé humaine, documentés par plusieurs expertises scientifiques.
Les 10 et 11 octobre, faisons entendre notre voix !
Face à ce projet de déréglementation, la LPO s’associe à une centaine d’organisations - associations environnementales, organisations paysannes, collectifs de victimes de pesticides, syndicats, scientifiques, professionnels de santé et associations de consommateurs - pour appeler à une mobilisation populaire les 10 et 11 octobre 2026.
Un grand rassemblement est notamment organisé le samedi 10 octobre, au siège de la LPO, à Rochefort en Charente Maritime, de 9h à 12h, invitant les habitants et les acteurs locaux, autour d’un café débat, à rencontrer producteurs locaux, scientifiques et associations (en savoir plus).
Dans nos villes, nos villages et nos communes, faisons entendre notre refus d’une exposition toujours plus massive aux pesticides et notre volonté de protéger la santé publique et la biodiversité.
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