Le week-end des 30 et 31 mai 2026, petits et grands sont invités à consacrer une heure d’observation aux oiseaux fréquentant leur jardin, leur balcon ou le parc de leur choix. En famille, entre amis ou en solo, ce rendez-vous printanier permet à chacun de contribuer concrètement à la connaissance scientifique de la biodiversité ordinaire. En mai 2025, ce comptage national avait mobilisé 4 354 jardins, permettant le recensement de 95 374 oiseaux, soit en moyenne 22 oiseaux observés par jardin.
Une petite heure pour une grande avancée de sciences participatives
Lancé en 2013 par la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) dans le cadre du programme Vigie-Nature (MNHN-OFB), l’Observatoire Oiseaux des jardins est devenu l’un des plus importants programmes français de sciences participatives ouverts au grand public. Son succès repose sur un protocole simple, accessible et standardisé.
En treize ans, près de 100 000 jardins ont déjà participé au programme, représentant environ 6,5 millions d’oiseaux comptabilisés, 115 000 heures d’observation cumulées et 4,5 millions de données exploitables scientifiquement. La preuve qu’un geste simple, réalisé par des milliers de citoyens, peut produire une connaissance précieuse pour mieux comprendre et protéger la biodiversité ordinaire.
Pourquoi est-il important de contribuer au comptage de mai ?
Le programme Oiseaux des jardins repose sur deux grands rendez-vous annuels, en janvier et en mai. L’opération du printemps vient en complémentarité du comptage hivernal. A cette période de l’année, les oiseaux sont davantage territoriaux et liés à leur habitat de reproduction. On y observe notamment des espèces migratrices absentes l’hiver et qui reviennent nicher au printemps dans nos contrées, telles que le Rougequeue à front blanc (cf. encadré). Les données collectées permettent ainsi de mieux comprendre la qualité écologique des espaces urbains et périurbains.
Les résultats du bilan décennal de l’Observatoire (2013-2023) montrent d’ailleurs qu’au printemps, 41 % des espèces suivies présentent une tendance au déclin, parmi lesquelles le Bouvreuil pivoine, l’Accenteur mouchet, le Verdier d’Europe ou encore le Merle noir. À l’inverse, 24 % des espèces apparaissent stables, tandis que certaines, comme la Perruche à collier ou la Huppe fasciée, montrent une progression.
Zoom sur une espèce du printemps : le Rougequeue à front blanc (en photo)
Parmi les visiteurs emblématiques du printemps figure le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), petit migrateur insectivore reconnaissable à sa queue rousse et, chez le mâle, à son front blanc caractéristique. Après avoir passé l’hiver en Afrique subsaharienne, il revient chaque printemps en France pour nicher dans nos jardins, vergers et parcs arborés. Sur la décennie 2012-2022, il a été observé dans seulement 8 % des jardins participants au comptage national.
Espèce sensible à la disponibilité des insectes et à la présence de cavités de nidification (vieux arbres, murs, nichoirs), le Rougequeue à front blanc est un bon indicateur de la qualité écologique des jardins. A ce titre, dans le cadre de son programme Refuges, la LPO invite les citoyens à mettre en place 15 gestes pour faire de leur jardin espace un lieu accueillant pour la biodiversité.
Comment participer concrètement ?
- Choisissez un lieu d’observation : jardin, cour, balcon ou parc public ;
- Observez pendant une heure les oiseaux qui se posent ;
- Comptez le nombre maximal d’individus vus simultanément pour éviter les doublons ;
- Saisissez vos observations sur le site de l’Observatoire.
Pour identifier les espèces, des fiches sont disponibles sur le site Oiseaux des Jardins. Les apprentis ornithologues peuvent aussi utiliser l’application mobile OisApp de reconnaissance d’oiseaux, développée par la LPO en partenariat avec Sunbird Images avec le soutien de l’OFB.