Centres de soins pour la faune sauvage : une aide salutaire dans l’attente d’un soutien pérenne indispensable

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La LPO salue l'annonce par l'État d'une enveloppe exceptionnelle destinée aux centres de soins pour la faune sauvage, en première ligne cet été face aux incendies et aux canicules à répétition. Pour autant, cette mesure d'urgence ne saurait masquer la grande fragilité économique dans laquelle se trouvent ces structures. 

caneton de Tadon de Belorne pris en charge par une soigneuse dans un centre de soins LPO France

Prise en charge d'un caneton de Tadon de Belorne — Crédits photo : Romain Morinière

Satisfaite pour aujourd’hui, mais inquiète pour demain. La LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) salue cette aide de 500 000 € - plus que bienvenue – à destination des 100 centres de soins pour la faune sauvage en France. Toutefois, cette bouffée d’oxygène ne saurait répondre dans la durée aux difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux centres de soins.  

 

Des centres de soin sur le front « climatique » en 2026 

La faune sauvage a particulièrement souffert en 2026. Les équipes des centres de soins LPO ont été en première ligne face à une succession d’événements climatiques extrêmes : tempêtes, incendies, canicules et sécheresse. 

La première crise est survenue dès l'hiver 2026 à la suite de plusieurs tempêtes successives, avec près de 47 000 oiseaux marins échoués sur le littoral atlantique, ainsi que par la prise en charge d'oiseaux mazoutés touchés par la réapparition d'hydrocarbures issus des épaves du Tanio et de l’Erika

Puis, la succession de canicules cet été, cumulées à la sécheresse, a provoqué l’explosion des sollicitations citoyennes et des admissions d'animaux en détresse. Dans certains centres, la situation a rapidement atteint un niveau critique. Comme au centre de la LPO Aquitaine à Audenge où les équipes ont pris en charge fin juin 2026 jusqu'à 650 animaux simultanément, conduisant le centre à suspendre temporairement les accueils. 

A cela vient s’ajouter l’impact des méga-feux dans la forêt de Fontainebleau, le Sud de la France ou bien encore la Gironde. Le centre de soins de la LPO Aquitaine, évacué lui-même pendant 7 jours, a secouru plusieurs animaux blessés. 

Sur les huit premiers mois de 2026, déjà 25% des animaux accueillis dans les centres LPO l'ont été à la suite d'événements climatiques (tempêtes, grêle, vagues de chaleur) , en nette progression par rapport à 2025 (14%)

 

Des structures essentielles mais économiquement fragilisées, en attente d’'un soutien pérenne

Les centres de soins de la faune sauvage assument une mission d'intérêt général indispensable : secours aux animaux sauvages en détresse, surveillance sanitaire et environnementale, suivi de l'état de la biodiversité et sensibilisation du public.

Pourtant, leur modèle économique demeure extrêmement fragile. Les quelque 100 centres de soins français dépendent majoritairement des dons, du mécénat et de l’engagement associatif. Ainsi, 70 à 80 % de leurs budgets reposent sur des financements privés, les subventions publiques restant minoritaires et souvent incertaines. 

Dans le même temps, le nombre d'animaux accueillis augmente régulièrement, avec des hausses pouvant atteindre 10 à 20 % par an. Cette fragilité a déjà conduit à des fermetures, à l’image du centre de soins LPO Occitanie de l'Hérault contraint de fermer temporairement depuis septembre 2025 pour des raisons économiques. 

La LPO, associée au Réseau national Centres de soins Faune sauvage, renouvelle sa demande d'un mécanisme de financement d’Etat pérenne, garantissant au minimum 25 % des charges fixes de fonctionnement des centres de soins. Un tel socle permettrait de sécuriser leur activité, d'accompagner la hausse continue des prises en charge et d'éviter de nouvelles fermetures, tout en garantissant aux équipes des soigneurs un cadre de travail à la hauteur de la difficile mission qui est la leur. 

Face à l'accélération de l'érosion de la biodiversité et à la multiplication des événements climatiques extrêmes, les centres de soins constituent un maillon essentiel des politiques de protection de la nature. Leur donner de la visibilité financière, c'est renforcer la capacité collective à répondre aux urgences environnementales de demain.

Allain Bougrain Dubourg

Président de la LPO

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