Chez les oiseaux, repérer le stade de croissance peut aider à définir un réel cas de détresse :  

  • L’oisillon est retrouvé nu ou avec peu de plumes, les yeux clos, ne tenant pas sur ses pattes : il est sûrement tombé du nid. S’il n’est pas blessé, qu’il est vif et chaud, il est nécessaire de le remettre au nid. Si celui-ci est inaccessible ou cassé, on peut tenter de fabriquer un nid de substitution placé à proximité de celui d’origine, en hauteur. Par la suite, il est impératif de veiller à distance à ce que les parents reviennent s’occuper de leur jeune.  
  • Un oisillon vif et emplumé, debout sur ses pattes, est souvent en pleine émancipation : une phase de croissance et d’apprentissage indispensable à son bon développement. Les jeunes, encore maladroits et voletant à peine, sortent du nid et s’émancipent au sol. Les parents restent dans les alentours et continuent de les alimenter. C’est le cas de beaucoup d’espèces de passeriformes (Corvidés, Turdidés) et de rapaces nocturnes.  

Jeune merle © H. Rousseau

Dans ce cas, il convient de prendre le temps de s’assurer à distance que les parents reviennent auprès de leur petit au sol. Si ce dernier est à proximité d’un danger immédiat (route, prédateur), il est préférable de le placer en hauteur ou de le déplacer dans un rayon d’une vingtaine de mètres autour du lieu de découverte. (photo : jeune merle, © H. Rousseau)

Des exceptions existent ! Connaître l’écologie et la biologie de certaines espèces peut alors nous aider à déceler certains cas de détresse : 

Jeune martinet noir © LPO IDF

  • Cas particulier des Martinets noirs : les juvéniles, nichés sous les toitures, sortent ou tombent du nid pour échapper aux fortes températures estivales. Insectivore stricte, c’est une espèce sensible dont l’élevage est complexe : un jeune martinet au sol doit impérativement être confié à une structure habilitée.  (photo : jeune martinet noir © LPO Ile-de-France)
  • Une espèce échappe également à la règle chez les rapaces nocturnes : l'Effraie des clochers. Malheureusement un jeune tombé du nid est condamné : les juvéniles n'ont pas de phase d'émancipation en dehors du nid et ne sont donc jamais nourris au sol par les parents. Il est impératif de remettre l’oiseau dans son nid d’origine ou de l'apporter en centre de soin.  

Idée reçue : Toucher un jeune oiseau ne dissuadera pas ses parents de revenir le nourrir ! 

Chez les mammifères, outre les signes de détresse apparents (l’animal reste prostré, signe de blessure ou de faiblesse…), la présence du cadavre de la mère à proximité du jeune animal peut témoigner du fait que ce dernier serait réellement orphelin. Mais les jeunes mammifères sont aussi bien souvent victimes d’un ramassage non nécessaire : 

C’est notamment le cas des levrauts ou des faons, bien souvent pris à tort pour des orphelins : espèces nidifuges, les jeunes sont rapidement autonomes dès les premières heures de vie et restent cachés dans les hautes herbes pendant plusieurs heures pour ne pas attirer les prédateurs. 

Concernant les renardeaux, lorsque le terrier de mise-bas devient trop étroit pour ses petits, la mère cherche un nouvel abri et les déplace ainsi un à un : Lorsqu’un renardeau est trouvé seul, sans signe de blessure, la mère est sûrement dans les alentours. 

Les parents de ces espèces sont naturellement farouches et ne reviendront certainement pas auprès de leurs petits si un humain est à proximité. Il est donc normal de ne pas les apercevoir et inutile de les attendre.

 ⚠ Les jeunes mammifères naissent sans odeur corporelle pour justement éviter d’être repérés par des prédateurs ; le mieux est alors de ne pas les toucher et revenir plusieurs heures après voire, le lendemain. Si la  manipulation d’un mammifère est nécessaire : toujours porter des gants ! 

Jeunes écureuils © M. Chandieu

dernière mise à jour : 23 avril 2026