Nos groupes locaux présents aux rassemblements du 26 septembre

Actualité

Dimanche 26 septembre, plus de 250 rassemblements étaient organisés en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Les groupes locaux de la LPO Bretagne y ont porté la voix de la biodiversité dans la région.

Michel Sinic, coordinateur du groupe Pays de Rennes a notamment plaidé la cause du vivant dans un texte, à l'occasion de cet événement :

"Si nous sommes là aujourd’hui c’est pour parler des milliards, et des milliards d'êtres vivants qui ont des cris pour la peur, des pour les alertes, des cris pour se reconnaître mais pas de voix. Certains ont des chants, des stridulations, des vibrations, des phéromones pour s'identifier et se dire mais pas de voix. Pas de voix pour protester, dire la perte, dire leur désarroi, dire leur panique. Ces milliards et ces milliards d'êtres vivants, ces vers de terre, ces scolopendres, ces abeilles solitaires, ces escargots, ces crapauds, ces carpes, ces loutres, ces blaireaux, ces martins pêcheurs et hirondelles, tous ceux-ci qui nous émerveillent par leur beauté et leur dissemblance, ceux qui nous transmettent la vie par la pollinisation et leur rôle dans les écosystèmes, qui nous apaisent par leur chant, qui nous étonnent dans leurs formes, tous ceux-là si essentiels à notre vie mentale, si indispensable à notre survie, tous ces êtres vivants, microscopiques ou majestueux, tous ces êtres vivants n'ont de voix pour se défendre que la nôtre.

L’urbanisme tentaculaire, les voies de transports, les pratiques agricoles industriels réduisent les espaces naturels. Les pollutions chimiques aggravant ces phénomènes. A cela s’ajoute encore ce que nous remarquons collectivement aujourd'hui les bouleversements climatiques. Malgré les alertes des scientifiques depuis des décennies sur les conséquences de l'effet de serre, aucune mesure n'a été prise bien au contraire, on continue d'augmenter nos émissions fossiles.

Cet été a été pour l'ensemble de la Faune Sauvage, absolument catastrophique. Le SOS FED créé par la LPO Bretagne en 2025 (SAMU téléphonique pour la Faune en détresse, qui fonctionnent sept jours sur sept) ce SOS a vu ses appels exploser. Depuis le début de l'année nous sommes à environ 32000 sollicitations et la plateforme SOS Faune Sauvage a reçu plus de 800 appels par jour lors des vagues de chaleur. Le précédent record était de 300. On est donc face à un phénomène climatique inédit qui a des conséquences mesurables en termes d'impact sur le vivant.

Nos réseaux sociaux ont enregistré jusqu'à 100 000 vues dans la journée car des dizaines de milliers de particuliers cherchaient des moyens d'agir pour préserver le vivant.

Et il y a ceux qu’on voit pas : l'Azuré des mouillères, un papillon présent uniquement sur 4 sites en Bretagne, (celui-ci tributaire des fleurs de gentiane qui a énormément souffert de la chaleur) a vu un effondrement du nombre de ses pontes laissant présager le pire pour l'avenir de l'espèce.

Depuis des années, la LPO Bretagne cherche des fonds publics pour la création d’un centre de soins breton destiné aux animaux sauvages blessés. Malgré l'urgence et l'impératif pour atténuer l'hécatombe mortifère que l’on constate année après année la prise en charge financière par les pouvoirs publics est toujours en panne.

Pire pour des raisons électoralistes le gouvernement a autorisé la chasse au gibier d'eau d’une manière anticipée et la chasse de manière générale a rouvert sans restriction malgré la sécheresse de nombreux cours d'eau en Bretagne.

Par ailleurs le Râle des genêts, oiseau emblématique des vallées humides bretonne a officiellement disparu. Preuve que lorsque l'on n'agit pas ou trop tard, les conséquences sont irréversibles pour le vivant.

Nous savons déjà que l'été prochain sera probablement plus chaud. Nous verrons encore ces poissons morts dans les rivières asséchées, ces oisillons au sol brûlés par la chaleur, ces abeilles solitaires sans fleurs, la vie souterraine disparaître faute d’eau.

Aussi, nous qui avons la voix, nous les humains, les supra prédateurs, nous devons faire notre révolution mentale et notre révolution sociale, changer de paradigme pour devenir non plus des prédateurs mais des supra-protecteurs pour cette faune sauvage, ces êtres vivants avec qui nous sommes liés, sans qui nous ne sommes rien. Aucune IA ne remplacera ces vies originales continuum de millions d’années d’évolution et de lentes adaptations, seule nos choix pour un modèle de société différent – il n’est pas trop tard – peuvent changer la courbe de cette trajectoire funeste.