Morgane, comment es-tu devenue rapatrieuse ?
En 2022, j’ai vu à un appel à volontaires pour aider la faune sauvage dans le journal local. J’étais déjà famille d’accueil pour chats et chatons depuis plusieurs années car j’ai toujours été préoccupée par la condition animale. Je n’ai pas hésité à faire ce nouveau pas en direction des animaux sauvages en détresse.
As-tu bénéficié d’une formation ?
Après mon inscription, j’ai passé une journée au centre de soins de la LPO à l’Île Grande pour en apprendre plus sur mes futures missions consistant à transporter des animaux blessés ou en difficultés afin qu’ils puissent être soignés. Très vite j’ai pu mettre cela en application puisque j’effectue des rapatriements presque chaque semaine. Je combine mon activité professionnelle d’infirmière avec cet engagement qui me tient à cœur.
Où récupères-tu les animaux ?
Je récupère les animaux en détresse, soit directement chez les personnes qui les ont trouvés (les découvreurs ou découvreuses), soit en cabinet vétérinaire où ils ont été déposés. Je les achemine ensuite vers un centre de soins, ou alors je les remets à un autre bénévole. Nous optimisons nos trajets, en coordination avec la plateforme SOS Faune Sauvage Bretagne.
Que t’apportent tes missions de bénévole rapatrieuse ?
J’éprouve une grande joie et une grande satisfaction à chaque rapatriement, il y a toujours un moment d’appréhension en ouvrant le carton pour s’assurer que l’animal va bien et qu’il va pouvoir être soigné. Cela arrive hélas que l’animal ne survive pas. Mais même dans ces cas-là, nous savons que tout a été tenté pour l’aider et qu’il n’est pas parti seul et dans l’indifférence.
Parmi les missions “d’ambulancière” de la faune sauvage que tu as effectuées, certaines t’ont-elles plus marquée que d’autres ?
Évidemment certains rapatriements sont gravés dans ma mémoire... Récemment par exemple c’est un nid complet que j’ai transporté, contenant quatre oisillons ! Comme c’était un dimanche, j’ai même nourri la couvée à la pince à épiler pour qu’ils survivent jusqu’à leur prise en charge.
La semaine dernière c’est un bébé chauve-souris (Pipistrelle) de la taille de mon petit doigt que j’ai recueilli et transporté. C’était magnifique de se dire que dans ce corps minuscule il y a un cœur qui bat... De contempler à quel point le vivant est merveilleux, puis de permettre à une si petite créature de survivre, grandir et voler.
As-tu aussi vécu des anecdotes plus cocasses ou surprenantes ?
À mes débuts, j’ai recueilli un Cygne sauvage plutôt mal en point et très calme. Je l’ai donc laissé dans un carton pour la nuit dans ma voiture, afin de pouvoir partir dès l’aube vers un centre de soin. Mais lorsque je suis arrivée le lendemain, il m’attendait à l’arrière de ma voiture toutes ailes déployées. Mon véhicule lui convenait parfaitement et il avait bien repris de l’énergie.
Le mois dernier autre surprise : j’avais rendez-vous avec une découvreuse qui avait recueilli un renardeau en difficulté. En ouvrant le carton, j’ai constaté que le renardeau avait vraiment de toute petites oreilles et une forme assez particulière... Puisqu’il s’agissait en réalité d’une jeune belette !
Après un rapatriement as-tu des nouvelles des animaux que tu transportes ?
Oui, un protocole a été mis en place avec les centres de soins pour que les découvreurs.ses ainsi que les rapatrieuses.eur soient informés de l’issue pour l’animal. Cela prend parfois des jours, des semaines, voire des mois, selon la durée de soins nécessaire, mais les personnes qui ont secouru un animal sont informées lorsque celui-ci est relâché et retrouve la liberté. Cela fait toujours très plaisir.
As-tu un message à faire passer après toutes ses années au contact des animaux blessés ?
Après une interaction avec un animal blessé, ou face à la détresse du monde sauvage certaines personnes envisagent de s’investir au service du vivant pour aider à leur tour... Je leur dis n’hésitez pas ! C’est vraiment important que chacune et chacun apporte sa petite pierre à l’édifice de la protection de la nature. C’est une belle expérience et c’est gratifiant de savoir que l’on a pu aider.
Un dernier mot pour conclure ?
Prendre soin des animaux, c’est prendre soin de soi ! Je pense que chacun devrait transmettre ce message aux nouvelles générations.
Morgane merci beaucoup de t’être prêtée au jeu des questions-réponses entre un planning professionnel bien chargé et deux rapatriements.
À travers ce témoignage, nous rendons hommages aux dizaines de bénévoles impliqué.e.s toute l’année pour qu’aucun animal blessé ou en difficulté ne soit laissé de côté.
Bravo et immense MERCI à elles et eux.