Le papillon est dans la bergerie

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La LPO Bretagne a organisé sur la bergerie Grain d'orge à Mézières-sur-Couesnon un inventaire papillon de jour, suivi d'une discussion entre paysans et naturalistes sur les pratiques de gestion des prairies.

© Ludovic Brossard

Alors que 36% des populations de papillons de prairies ont disparu en Europe entre 2010 et 2020, cette activité s'inscrit dans la démarche Paysans de nature, en résonnance avec les actions proposées par le Plan pollinisateurs breton.

Mais pourquoi les papillons de jour ? Parce qu'ils jouent un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire et dans la pollinisation et qu'ils sont en outre, un excellent indicateur de la qualité des écosystèmes.

Des écosystèmes qui souffrent avec pour principales causes : la destruction des habitats, la fragmentation des milieux, l'urbanisation, la fermeture des milieux, l'abandon du pâturage extensif pour le surpâturage et l'utilisation croissante de pesticides de synthèse…

Tous ces facteurs participent à la disparation des espèces et à la diminution des populations sur nos territoires. Et le contexte breton n'aide pas, puisque ces 5 dernières années, se sont 6,5 % de prairies permanentes qui ont été perdues, plaçant la Bretagne en tête des territoires où les prairies disparaissent.

De quoi baisser les bras ? Non !

Sur la ferme bio de Claire Argeot, avec l'aide d'autres paysannes et paysans, de bénévoles du GRETIA (Groupe d’éude des invertébrés armoricains), des étudiants du lycée agricole de la Lande de la Rencontre, un inventaire a été fait sur une prairie vouée au pâturage des brebis.

À travers le protocole de sciences participatives PROPAGE, de nombreuses espèces qui s'épanouissent spécifiquement sur des prairies de fauche tardive ou de pâturage extensif ont été identifiées :  le Myrtil, le Demi-deuil, l'Azuré commun… Ainsi que d'autres espèces de lisières comme le Paon du jour.

Les données collectées ont d'abord servi à sensibiliser les participants à la richesse des prairies naturelles. Elles ont ensuite alimenté les discussions menées par Elise Bouedron de l' Adage 35 : quelle date de fauche idéale ? Comment gérer le chargement lors du pâturage? Comment concilier autonomie alimentaire et préservation de l'entomofaune ?


Autant de réflexions et de pistes  qui vont permettre aux paysans d'adapter leurs pratiques pour mieux prendre en compte l'écologie des pollinisateurs. L'occasion aussi de confronter des visions, parfois antagonistes mais souvent conciliables entre production agricole et préservation de la biodiversité... Toute l'ambition de Paysan de nature et des actions mises en place par la LPO Bretagne dans le domaine agricole.