Pour mieux comprendre la problématique des échouages, nous avons échangé avec Bastien Germaine, co-coordinateur du groupe local LPO Bretagne Pays de Morlaix et rapatrieur bénévole* pour le centre de soins de l’Île Grande. Depuis plusieurs années, il relève les échouages qu’il observe sur le littoral.
Cette mission, encore peu connue du grand public, est pourtant essentielle :
En effet, elle permet d’améliorer notre connaissance de l’état du milieu marin, mais aussi d’établir des liens de cause à effet entre pollution et affaiblissement des populations d’oiseaux marins.
Nous constatons que beaucoup de déchets se retrouvent en mer à la suite de naufrages, et le gros du problème concerne particulièrement les échouages de pétroliers, qui relâchent des hydrocarbures. Vigipol réalise un travail précieux de recensement sur ces événements. Les oiseaux pélagiques, qui passent la majorité de leur vie en mer, sont particulièrement touchés par le mazoutage. Le centre de soins LPO de l’Île Grande accueille une grande partie de ces oiseaux, grâce notamment à l’engagement de rapatrieurs bénévoles comme Bastien.
Son intérêt pour le sujet remonte à la découverte d’un Macareux moine, retrouvé mort et mazouté sur la plage du Theven, à Santec (29). “J’ai donc remonté ma première donnée avec le maximum d’informations. La cause de la mort de cet animal étant vraisemblablement anthropique, la moindre des choses était pour moi de ne pas perdre cette information.”, explique-t-il.
Grâce à l’application ICAO, chaque observation peut être signalée et devient utile. Le programme REOMA, mené chaque hiver par plusieurs dizaines de bénévoles sur la côte sud de la Bretagne, permet de collecter d'importantes données. Dans le sud Finistère et le Morbihan, plus d’une vingtaine d’oiseaux échoués ont été retrouvés en seulement deux week‑ends de suivi.
Il faut aussi prendre en compte les effets du réchauffement climatique, notamment l’augmentation des tempêtes qui fragilisent davantage les populations d’oiseaux marins. Pour Bastien, l’enjeu est clair :
“Contribuer au suivi de ces échouages permet de continuer à rendre visible ce phénomène et son ampleur afin que les pouvoirs publics accentuent les mesures de lutte contre les pollutions et soutiennent davantage les acteurs qui œuvrent en faveur de la sauvegarde du monde marin.”
La mission REOMA est maintenant lancée, et s’effectuera jusqu’à la mi-mars. Merci à Bastien pour son témoignage, et à tous les bénévoles mobilisés sur la mission !
Rédaction : Enora Couloigner - Volontaire en service civique à la LPO Bretagne
Conception graphique : Enora Couloigner
*Rapatrieur bénévole : En fonction de ses disponibilités et de son secteur d'activité, le bénévole rapatrieur assure les trajets entre le lieu où est découvert un animal sauvage en détresse et le centre de soins de la Station LPO de l'Île Grande (ou un autre lieu sur la route, afin qu'un autre bénévole prenne le relais).