Mobilisons-nous contre l'implantation d'un parc éolien sur le couloir migratoire des milans royaux !

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Un parc de trois éoliennes pourrait voir le jour sur les communes de Rosureux et Plaimbois-du-Miroir, sur un site à haute valeur écologique au cœur du Parc Naturel Régional du Doubs Horloger. Jusqu'au 26 août, répondez à la consultation publique pour demander au préfet de ne pas autoriser ce projet néfaste pour la biodiversité.

 

La LPO Bourgogne-Franche-Comté soutient le développement des énergies renouvelables, indispensables à la transition écologique et au remplacement progressif des énergies fossiles. Nous exigeons néanmoins des projets d’énergies renouvelables que ceux-ci intègrent les enjeux liés à la biodiversité et mettent en œuvre une séquence ERC rigoureuse permettant une non-perte nette – voire un gain – de biodiversité, conformément au droit de l’environnement.  

Ce n’est clairement pas le cas du projet éolien du Crêt des Ours qui prévoit l’implantation de trois éoliennes sur les communes de Plaimbois-du-Miroir et Rosureux, dans des boisements à haute valeur écologique, en bordure du site Natura 2000 de la vallée du Dessoubre. Le site est en outre un couloir migratoire bien connu emprunté par de nombreuses espèces dont le milan royal, rapace protégé très sensible à l’éolien et faisant l’objet d’un plan national d’action (PNA).  

Lynx boréal, chevêchette d’Europe, Grand-duc d’Europe, faucon pèlerin, sonneur à ventre jaune... autant d’espèces protégées remarquables qui seront impactées par la destruction de leur habitat, le dérangement provoqué par l’augmentation de la fréquentation du site ou même la collision directe avec les pales d’éoliennes pour certaines d’entre-elles.  

Le choix d’implanter un parc éolien sur un site présentant un niveau aussi élevé d’enjeux est d’autant plus regrettable que la LPO Franche-Comté avait recommandé l’évitement du projet dans un pré-diagnostic livré en 2020.

Face à ces risques, notre association déplore les manquements et insuffisances de l’étude d’impact. Nous ne pouvons que constater que nos recommandations n’ont pas été suivies et que les efforts de prospections pour de nombreuses espèces ont été insuffisants, conduisant à sous-estimer le niveau d’impact sur la biodiversité du site.  

La décarbonation ne doit pas se faire au prix de la biodiversité !

Besoin d’aide pour exprimer votre avis ?

On vous résume en 10 point pourquoi se mobiliser contre le projet éolien du Crêt des Ours.

  • Deux nids de milans royaux, rapace très sensible à l’éolien, se trouvent à proximité du site d’implantation (1,3 et 2,2 km). De plus, les prospections réalisées pour cette espèce ayant négligé le nord du site, d’autres nids se trouvent potentiellement à proximité du projet. Le milan royal est inscrit sur la liste rouge régionale avec un statut de conservation vulnérable (VU).
  • Bien que le Grand-duc d’Europe soit potentiellement nicheur sur le site, l’impact du projet sur l’espèce a été considéré comme non-significatif, au mépris des connaissances scientifiques.
  • Bien que des cigognes noires aient été observées à plusieurs reprises à proximité du site, aucune analyse approfondie des enjeux liés à cette espèce n’a été réalisée. L’espèce est classée en danger critique d’extinction (CR) sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de Franche-Comté. 
  • Le faucon pèlerin, qui occupe de nombreux sites de nidification dans la région, est ignoré par l’étude d’impact. L’espèce, protégée, est classée vulnérable (VU) en Franche-Comté. La région, qui accueille 10% de la population nationale sur son territoire, présente de plus une responsabilité particulière pour la conservation de l’espèce.
  • La construction des éoliennes impliquerait la destruction de plusieurs hectares de hêtraie sapinière accueillant de nombreuses espèces sensibles à la destruction de leur habitat comme la chevêchette d’Europe, la chouette de Tengmalm, le pic noir ou la mésange boréale.  
  • Le projet est situé sur un couloir migratoire bien connu reliant les axes rhénans et rhodaniens en traversant la Franche-Comté. L’étude d’impact sous-évalue les enjeux relatifs à la migration sur le site en laissant entendre que ceux-ci se concentrent au-dessus de la vallée du Dessoubre, bien que les inventaires aient mis en évidence des déplacements d’espèces en migration directement sur le site d’implantation des éoliennes.
  • L’impact du projet sur le lynx boréal est sous-estimé, malgré le fait que l’implantation d’un parc éolien accentuerait le dérangement pour l’espèce en augmentant la fréquentation du site.
  • L’inventaire des reptiles et des amphibiens est largement insuffisant et ne permet pas de caractériser les enjeux pour ces taxons sur le site. 
  • La Mission régionale de l’autorité environnementale (MRAe) recommande, dans son avis, de réévaluer à la hausse le niveau d’impact brut du projet sur la chevêchette d’Europe, le milan royal, le grand-duc d’Europe, le faucon pèlerin, le grand corbeau et les espèces de chiroptères de haut-vol. Elle s’interroge en outre sur la capacité du territoire à accueillir un projet éolien au regard des enjeux écologiques présents. 
  • Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a rendu un avis défavorable à l’octroi d’une dérogation espèce protégée pour le milan royal dans le cadre de ce projet.