Urgence martinets !

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Un oiseau de couleur noire s'envole depuis un trou dans le toit d'une maison.

Les martinets noirs se jettent dans le vide lors de leur envol © Daniel Godinou

Au printemps et au début de l’été, il n'est pas rare que les oisillons tombent de leur nid, mais les chaleurs extrêmes de ces derniers jours ont amplifié ce phénomène. Une espèce qui vit sous les toits de nos bâtiments a été particulièrement touchée : le martinet noir. Rencontre avec cet oiseau passionnant, dont les populations régressent et qu’il est nécessaire d’aider…

Un voisin pas comme les autres

L’oiseau le plus étonnant du monde vit peut-être sous votre toit ou dans votre rue, en plein centre-ville ! Avec son corps et sa tête fuselés, ses ailes en forme de faux et sa queue qui lui sert de gouvernail, le martinet a une maîtrise de l’air remarquable. Il peut atteindre une vitesse de 200 km/h lors de ses poursuites effrénées, ponctuées de cris stridents « srii sriii sriii » qui animent nos matinées et soirées d’été. Infatigable, il reste constamment en l’air. Il dort et se toilette en volant. Il va même jusqu’à s’accoupler dans le ciel, et ne se pose que pour pondre et couver ses œufs, ce qui le rend unique dans le monde des oiseaux. Présent chez nous de mai à fin juillet uniquement, on le surnomme l’oiseau des cent jours.
Oiseau rupestre utilisant à l'origine les cavités naturelles des falaises, il s'est adapté au fil du temps aux édifices humains. Il nidifie aujourd'hui dans les cavités des murs et sous les toits des grands édifices ou des bâtiments. Il s’installe à une hauteur de 3 mètres minimum, et souvent plus, car pour quitter son nid, il se laisse brièvement tomber avant de reprendre de l’altitude.

Une « pluie » de jeunes martinets…

La chute de jeunes martinets hors du nid se produit naturellement chaque année, mais les épisodes de forte chaleur, qui rendent les murs et les toits brûlants, décuplent ce phénomène. Si pour la majorité des espèces, il est préférable, voire indispensable, de laisser un oisillon tombé du nid près de l’endroit où il a été trouvé, car les parents se trouvent juste aux alentours à la recherche de nourriture, les martinets, tout comme les hirondelles, font exception : ils ne sont nourris qu’au nid. Les nids étant bien souvent trop hauts et inaccessibles, il est nécessaire d'emporter ces oiseaux dans un centre de sauvegarde, qu’ils soient blessés ou non. Ces derniers jours, de très nombreux jeunes martinets ont ainsi été confiés aux centres de soins, qui ont malheureusement atteint une complète saturation et certains standards sont temporairement fermés.

Aidons les martinets !

Les résultats des études sont très inquiétants : le martinet noir est une espèce en déclin en Europe et la population a diminué de 65 % en 25 ans en France et notamment de 40% ces dix dernières années (source : Vigie Nature). Les endroits où cet oiseau peut nicher deviennent de plus en plus rares (rebouchage des trous et des fissures, isolation des bâtiments par l’extérieur, etc.) et sont quasi absents des bâtiments modernes (murs lisses, manque d’interstices intéressants dans les toitures modernes).
Il est pourtant possible de favoriser l'installation des martinets. Pour cela, il est déjà important de conserver les cavités (loges et trous d'accès) dans lesquelles nichent les oiseaux. Il faut aussi éviter le dérangement pendant leur saison de nidification, mais aussi celle des hirondelles, et donc ne pas entreprendre des travaux de la mi-mars à la fin août sur les façades occupées (réfection d'un crépi, colmatage des trous). Enfin, il est essentiel de proposer des nichoirs de substitution pour tout gîte existant supprimé.