Le 2 octobre dernier, le ministère de la Transition écologique a émis un avis favorable à la demande de dérogation « espèces protégées » pour la méga-bassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Si cette dérogation était délivrée par la Préfecture des Deux-Sèvres, cette méga-bassine, dont le remplissage est pour le moment suspendu, serait de nouveau autorisée.
Pour l'empêcher, soyons nombreux et nombreuses à participer à la consultation publique, ouverte jusqu'au 2 novembre, pour défendre l'espèce phare de ces plaines : l'outarde canepetière !
Participez à l'enquête publique, argumentez !
La méga-bassine de Sainte-Soline (SEV15), déclarée illégale par la justice administrative en 2024 en raison de l'absence de dérogation "espèces protégées" liée à la présence de l'outarde canepetière, pourrait bénéficier prochainement de cette dérogation, suite à la publication de l'avis favorable du ministère de la Transition écologique. Celui-ci n'a pas suivi l'avis du Conseil national de la protection de la nature sur les enjeux biodiversité entourant la méga-bassine de Sainte-Soline (rendu le 9 juillet 2026). Ses experts ont pourtant démontré que les impacts résiduels sur l’outarde canepetière sont bien réels.
Les citoyens sont appelés à se prononcer dans une consultation publique jusqu’au 2 novembre 2026.
Chacun peut y participer : argumentez en faveur de l'outarde, une espèce pour laquelle agriculteurs et associations de protection de la nature du Poitou-Charentes se mobilisent depuis plus de 25 ans, avec notamment le soutien de l'État et de la région Nouvelle-Aquitaine !
Cette méga-bassine remet en cause la préservation de l'outarde, qui se reproduit sur ce territoire :
- Il existe un impact direct sur l'espèce en raison de l'emprise physique de la méga-bassine qui occupe un espace initialement cultivé, et en raison également de l'effarouchement provoqué par cette méga-construction.
- S'y ajoute un impact indirect lié aux grandes cultures qui sont pérennisées grâce à cet aménagement, et qui modifient le paysage en faisant disparaître les espaces enherbés, comme les friches, les jachères, etc. que l'espèce recherche pour se reproduire. L'utilisation massive de pesticides qui détruisent plantes et insectes, sources de nourriture cruciale pour les oiseaux, est également maintenue (+14% de produits phytosanitaires à usage agricole entre les périodes 2009-2011 et 2018-2020).
/!\ Vous pouvez compléter votre avis personnel avec les arguments énoncés dans cet article, en veillant à ne pas les copier-coller. Pour être prise en compte, votre contribution doit être personnalisée.
L'outarde, au centre de toutes les attentions !
La situation de la population d'outarde canepetière du Centre-Ouest de la France, dernière population migratrice d'Europe, est très préoccupante : elle a décliné de 94% entre les années 1970 et 2000. Ses effectifs se sont stabilisés depuis, à seulement 377 mâles chanteurs (2024), avec l'aide des agriculteurs engagés dans les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC).
L’outarde est une espèce menacée qui bénéficie à la fois d’un Plan national d’action et d’un programme d’actions européen appelé Life Eurobustard.
Chaque année, sur le Centre-Ouest, environ 6 millions d’euros sont consacrés à sa préservation dont 85% correspondent aux paiement des agriculteurs qui ont engagé certaines de leurs parcelles en MAEC dans le cadre de la Politique agricole commune.