Le 2 octobre dernier, le ministère de la Transition écologique a émis un avis favorable à la demande de dérogation « espèces protégées » pour la méga-bassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Si cette dérogation était délivrée par la Préfecture des Deux-Sèvres, le remplissage de cette méga-bassine, pour le moment suspendu, pourrait se faire.
Pour l'empêcher, soyons nombreux et nombreuses à participer à la consultation publique, ouverte jusqu'au 20 octobre, pour défendre l'espèce phare de ces plaines : l'outarde canepetière !
Participez à l'enquête publique, argumentez !
La méga-bassine de Sainte-Soline (SEV15), déclarée illégale par la justice administrative en 2024 en raison de l'absence de dérogation "espèce protégée" liée à la présence de l'outarde canepetière, pourrait bénéficier prochainement de cette dérogation, suite à la publication de l'avis favorable du ministère de la Transition écologique. Celui-ci n'a pas suivi l'avis du Conseil national de la protection de la nature sur les enjeux biodiversité entourant la méga-bassine de Sainte-Soline (rendu en 22 novembre 2023). Ses experts avaient pourtant démontré que les impacts directs et indirects sur l’outarde canepetière étaient bien réels.
Les citoyens sont appelés à se prononcer dans une consultation publique jusqu’au 20 octobre 2026.
Chacun peut y participer : argumentez en faveur de l'outarde, une espèce pour laquelle agriculteurs et associations de protection de la nature du Poitou-Charentes se mobilisent depuis plus de 20 ans, avec notamment le soutien de l'État et de la région Nouvelle-Aquitaine !
Cette méga-bassine remet en cause la préservation de l'outarde, qui se reproduit sur ce territoire :
- Il existe un impact direct sur l'espèce en raison de l'emprise physique de la méga-bassine qui occupe un espace initialement cultivé, et en raison également de l'effarouchement provoqué par cette méga-construction.
- S'y ajoute un impact indirect lié aux grandes cultures qui sont pérennisées grâce à ce modèle agricole qui modifie le paysage en faisant disparaître les espaces enherbés, comme les friches, les jachères, etc. que l'espèce recherche pour se reproduire.
/!\ Vous pouvez compléter votre avis personnel avec les arguments énoncés dans cet article, en veillant à ne pas les copier-coller. Pour être prise en compte, votre contribution doit être personnalisée.
L'outarde, au centre de toutes les attentions !
La situation de la population d'outarde canepetière du Centre-Ouest, dernière population migratrice d'Europe, est très préoccupante : elle a décliné de 94% entre les années 1970 et 2000. Ses effectifs se sont stabilisés depuis, à seulement 300 à 350 mâles chanteurs, avec l'aide des agriculteurs engagés dans les mesures agro-environnementales (MAE).
Chaque année, environ 6 millions d'euros sont consacrés à sa préservation, dont 85 % sont reversés aux agriculteurs en MAE, grâce au plan national d'action outarde et au programme Life Eurobustards.