Bois de la Faucherie : un choix de responsabilité au service de la biodiversité

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© Julien Curassier

Après la mobilisation citoyenne contre l'abattage d'arbres, dans un parc privé ornemental à proximité de l'aéroport de La Rochelle, pour la mise en sécurité du trafic aérien, la LPO et Nature Environnement 17 expliquent leur positionnement et les choix faits dans l’intérêt de la biodiversité.

 

Un cadre juridique contraint

Nos associations ne disposaient pas, en l’état du droit, de leviers juridiques permettant de s’opposer au principe même des abattages d’arbres réalisés pour raisons de sécurité aérienne. Seule solution possible : veiller à ce que les conditions entourant les abattages soient renforcées afin de protéger la biodiversité. 

Dialoguer pour renforcer la protection des espèces

Face à ce constat, NE17 et la LPO ont choisi la voie du dialogue avec les pouvoirs publics avec un objectif clair : améliorer la prise en compte et la protection de la biodiversité.

Ce travail a conduit à un renforcement substantiel de la dérogation espèces protégées, avec notamment :

  • La prise en compte de toutes les espèces protégées potentiellement présentes sur la base des données historiques et actuelles afin de pallier les lacunes des inventaires initiaux réalisés ; 
  • Des mesures additionnelles en phase travaux afin qu’aucun individu de chauves-souris ne soit détruit durant les abattages. Ce point a fait l’objet de contrôles effectifs par les services de l’État. 

De plus, les experts naturalistes de nos associations ont obtenu que des mesures concrètes et immédiates soient mises en place afin que les espèces puissent se reporter dans des habitats de substitution favorables : 

  • Mise en place, d’ici le printemps 2026, de 40 gîtes à chauves-souris et 40 nichoirs à oiseaux, en béton de bois aux abords de la zone impactée ; 
  • Obligation pour le pétitionnaire de sécuriser et de protéger 10 hectares de boisements existants dans un périmètre proche, à conduire en vieillissement et sénescence, afin de recréer et de préserver des habitats favorables sans attendre plusieurs décennies que les mesures compensatoires de replantation soient effectives.

Enfin, pour s’assurer du respect de l’ensemble des ajouts, nos associations sont parvenues à :  

  • Faire en sorte que les engagements, contenus initialement dans un simple protocole, se retrouvent dans un arrêté préfectoral modificatif juridiquement contraignant ;
  • La mise en place d’un comité de suivi, auquel nos associations participeront, afin de garantir la bonne application des mesures dans le temps. 

Une action indépendante et bénévole

Contrairement à ce qui a pu être affirmé, ni NE17 ni la LPO n’ont perçu de rémunération pour ce travail. Nos associations ont agi bénévolement et ont mobilisé leurs compétences naturalistes, scientifiques et juridiques pour pallier les insuffisances initiales du dossier. Nous rappelons que nos associations sont et resteront indépendantes et libres de leurs actions pour défendre le vivant, en témoignent notre engagement, nos recours juridiques et nos combats pour la nature au quotidien.

Le choix du dialogue n’est ni un renoncement ni une complaisance : il s’agit d’une décision réfléchie, guidée uniquement par la protection du vivant, face à un cadre juridique contraint et à côté de pouvoirs publics ouverts à nos propositions. 

NE17 et la LPO n’oublient pas la mobilisation citoyenne qui s’est formée et qui a permis d’amorcer le dialogue. C’est aussi en gardant cette mobilisation en tête que nos associations s’engagent à rester pleinement vigilantes quant à la mise en œuvre des engagements pris.