L’Outarde canepetière est un oiseau typique des milieux ouverts semi-arides. En France, on distingue deux grandes populations : l’une sédentaire en région méditerranéenne et l’autre migratrice qui se reproduit dans les plaines céréalières du Centre Ouest avant de rejoindre la péninsule ibérique pour passer l’hiver. Extrêmement méfiante et discrète, l’espèce installe son nid à même le sol, dans des prairies ou des jachères.
En moins de 50 ans, les effectifs du Centre Ouest de la France se sont effondrés de plus de 95%. Aujourd’hui, moins de 400 mâles chanteurs subsistent dans la région. Pour tenter d’enrayer ce déclin, la LPO anime le Plan national d’actions 2020-2029 dédié à l’espèce. Les causes principales de cette chute sont bien identifiées : l’aménagement du territoire et l’intensification des pratiques agricoles avec son cortège de pesticides.
Classée en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN, l’Outarde canepetière figure également sur la triste liste des espèces d’oiseaux au monde jugées comme les plus vulnérables aux éoliennes (150e rang sur 9 538 espèces). C’est pourquoi la LPO s’est opposée au projet de parc éolien Rochereau III, dans la Vienne, qui devait s’implanter à proximité immédiate d’une zone de protection spéciale (ZPS) pour l’outarde.
Alertée par la LPO, la justice a finalement mis un terme à ce projet estimant que les risques qu’il faisait peser sur la conservation de cet oiseau protégé et menacé étaient trop importants. Cette décision rappelle que l’aménagement du territoire ne peut se faire au détriment de la biodiversité.
Une victoire juridique importante pour la nature… et une lueur d’espoir pour l’avenir de cet oiseau emblématique de nos plaines agricoles.