Reconnaissable à son plumage noir rehaussé d’une calotte rouge flamboyante, le Pic noir est le plus grand représentant de sa famille en Europe. Doté d’un bec puissant, il creuse de vastes cavités dans les troncs de résineux ou de feuillus pour y installer sa nichée. Une fois la période de reproduction terminée, ces loges deviennent de précieux refuges pour de nombreuses autres espèces comme les rapaces nocturnes, les petits mammifères ou encore les insectes. Discret et craintif, le Pic noir se laisse rarement observer. C’est le plus souvent son puissant tambourinage audible à plusieurs kilomètres, ou son cri sonore résonnant au cœur de la forêt qui révèle sa présence. Longtemps cantonnée aux massifs montagneux, l’espèce a progressivement étendu son aire de répartition jusqu’aux forêts de plaine.
Si la présence du Pic noir reste liée aux grands massifs forestiers où se côtoient des arbres de gros diamètre et du bois mort, il occupe désormais des paysages beaucoup plus ouverts, exploitant des boisements de petites tailles ou des bocages. Il se rencontre aussi en ripisylves (boisement le long des cours d’eau). Préserver ces habitats est donc indispensable pour assurer la pérennité de l'espèce.
Pour l’observer, la Réserve naturelle nationale du Sabot de Frotey, située en Haute-Saône, constitue un site privilégié. Créée en 1981 afin de préserver un remarquable corridor écologique entre les massifs jurassien et vosgien, elle abrite une mosaïque de pelouses sèches, de haies, de bosquets feuillus et de boisements favorables à une flore et une faune remarquables, parmi laquelle figure le Pic noir.
En 2026, la LPO célèbre les 50 ans de la Loi du 10 juillet 1976 qui marque un tournant majeur pour la protection de la Nature en France. Ce texte fondateur a permis de poser les bases d’un droit moderne de l’environnement : protection des espèces, création des Réserves naturelles, obligation d’études d’impact, reconnaissance du rôle des associations…