Les priorités portées par BirdLife qui représente la LPO à la COP au Brésil :
1. Renforcer la conservation des oiseaux marins
Adoption d’une résolution sur les flyways marins
- Réponse aux pressions majeures : captures accidentelles/bycatch, pollution, changement climatique
- Les oiseaux marins sont le groupe d’oiseaux le plus menacé au monde
- Nous insistions sur l’urgence d’un cadre global coordonné pour les océans
2. Lutter contre les captures accidentelles (bycatch)
- Jusqu’à 1 million d’oiseaux marins tués chaque année dans les pêcheries
- Nécessité d’une résolution claire, opérationnelle et contraignante
Nous recommandons :
- Une définition robuste du bycatch
- Des obligations différenciées selon les annexes CMS
- Des mesures concrètes de mitigation
3. Combattre les prélèvements illégaux et non durables (Illegal killing of Birds)
- Création d’une initiative mondiale contre le prélèvement illégal
- Intégration des enjeux de consommation et de commerce
Point clé : la majorité des espèces migratrices consommées en Afrique-Eurasie le sont illégalement
4. Protéger les habitats et la connectivité écologique
- Adoption du cadre de suivi du Samarkand Strategic Plan (2024–2032)
- Intégration des Key Biodiversity Areas (KBA) comme outil central
Nous appuyons :
- de sécuriser les sites critiques et les corridors migratoires
- sur le constat que seulement ≈50 % des habitats clés sont aujourd’hui protégés
5. Accélérer les plans d’action pour espèces prioritaires
- Plan d’action pour l’Aigle des steppes
- Programme pour les vautours (Afrique-Eurasie et Amériques)
- Nouvelles inscriptions d’espèces dont 3 limicoles qui sont encore sur la liste des espèces chassables des Antilles françaises : Hudsonian Whimbrel/Courlis corlieu hudsonien Hudsonian Godwit/Barge hudsonienne & Lesser Yellowlegs/Petit Chevalier
Nous appuyons la logique de passer de l’engagement global à des plans multi-espèces opérationnels et demandons le retrait de la liste des espèces chassables de l’ensemble des limicoles dans un mauvais statut de conservation sur la voie de migration ouest-atlantique.
6. Réduire les menaces émergentes
Nous appelons à :
- une approche de précaution stricte sur l’exploitation minière en eaux profondes
- un renforcement des actions contre : l’empoisonnement (e.g. plomb, anti-inflammatoire non stéroïdien), les infrastructures dangereuses & le changement climatique
Nous appuyons un refus clair et catégorique d’autoriser des activités à fort impact en contexte d’incertitude scientifique
7. Renforcer la coopération internationale par flyway
- Développement du CMS Americas Flyways Framework
- Coordination accrue entre États car la conservation des migrateurs est nécessairement transfrontalière.
Une mobilisation forte de la société civile et de BirdLife sur place :
- Environ 40 délégués BirdLife présents
- Participation active aux négociations et aux événements parallèles
- Contribution à une déclaration commune des ONG
- Plusieurs side-events clés illustrent ces priorités : oiseaux marins, rapaces, connectivité, énergie…
La LPO, en tant que partenaire de BirdLife, soutient pleinement ces orientations et appelle les États à :
- Passer de l’ambition à l’action concrète d’ici 2030
- Renforcer les obligations internationales, notamment sur :
- le bycatch
- le prélèvement illégal
- Protéger effectivement les habitats critiques et les corridors
- Appliquer le principe de précaution face aux nouvelles pressions (mines, énergie, pollution)
Le succès de la COP15 se mesurera non pas aux textes adoptés, mais à la restauration effective des populations dans la nature
La CMS COP15 constitue une opportunité décisive pour inverser le déclin des espèces migratrices.
Pour la LPO et BirdLife, l’enjeu est clair : transformer les engagements internationaux en actions mesurables, coordonnées et efficaces sur le terrain.