Des mesures concrètes pour protéger le vivant
Préserver les espaces naturels constitue un levier central. La protection des haies, des arbres et des forêts passe notamment par le classement des boisements en Espaces Boisés Classés (EBC) dans les Plans Locaux d’Urbanisme. À cela s’ajoutent la restauration des zones humides – marais, tourbières, marécages – et la renaturation des berges des cours d’eau, rivières et lacs, essentiels à la régulation naturelle des crues et à la biodiversité.
Autre enjeu clé : la biodiversité nocturne. En réduisant ou en éteignant l’éclairage public la nuit, les communes diminuent à la fois leur consommation énergétique et la pollution lumineuse, particulièrement néfaste pour les espèces nocturnes comme les chauves-souris ou certains insectes.
La transition énergétique peut également se faire sans artificialiser de nouveaux espaces naturels. Le développement des énergies renouvelables sur les bâtiments communaux et les toitures existantes permet de concilier production d’énergie, sobriété foncière et respect des milieux naturels.
La gestion de l’eau est un autre pilier de la résilience territoriale. Favoriser le stockage de l’eau de pluie grâce à des récupérateurs, aussi bien dans les espaces publics que chez les particuliers, et recréer des réseaux de mares contribuent à limiter les effets des sécheresses tout en renforçant les écosystèmes aquatiques.
Enfin, la nature de proximité est au cœur des préoccupations. Offrir à chaque habitant un accès à un espace naturel à moins de 15 minutes à pied, planter des arbres et des haies le long des chemins communaux et s’appuyer sur les parcs et jardins labellisés Refuges LPO participent directement à l’amélioration de la qualité de vie.
Climat et biodiversité : un combat indissociable
La lutte contre le changement climatique et la réduction des risques naturels représentent aujourd’hui un enjeu sociétal majeur, tant pour la sécurité des populations que pour la préservation du vivant. Si la réduction des émissions de gaz à effet de serre reste indispensable, elle ne saurait suffire. Les territoires doivent aussi anticiper et s’adapter aux conséquences déjà visibles du dérèglement climatique.
Jusqu’à présent, les réponses apportées reposent principalement sur la transition énergétique : économies d’énergie, efficacité énergétique, développement des renouvelables. Pourtant, les écosystèmes jouent un rôle fondamental dans la captation et le stockage du carbone et offrent des solutions efficaces pour atténuer les impacts climatiques et les risques naturels. Mettre en lumière cette interdépendance entre climat et biodiversité est désormais un enjeu majeur.
L’action locale au cœur des solutions
Sécheresses, inondations, canicules, îlots de chaleur, érosion, incendies, pollution de l’eau et de l’air : les effets du changement climatique se multiplient. Face à ces défis, les Solutions fondées sur la Nature, reconnues par l’UICN depuis 2015, apportent des réponses concrètes et adaptées.
Ces actions doivent être pensées à l’échelle locale, en fonction des spécificités des territoires – littoraux, urbains, montagnards. Les élus locaux disposent de nombreux leviers : gestion durable de l’eau, renaturation des espaces végétalisés, protection des captages, restauration des cours d’eau, ou encore développement d’une production énergétique exemplaire conciliant sobriété, respect de la nature et qualité de vie.
Des collectivités qui s’engagent aux côtés de la LPO
Bordeaux Métropole restaure ses milieux naturels
Dans le cadre du programme Biodiver’Cité et résiliences, Bordeaux Métropole mène près de 50 actions de restauration écologique sur quatre grands sites. La LPO Aquitaine accompagne la collectivité en assurant le suivi de plusieurs populations faunistiques afin d’évaluer l’efficacité des aménagements, notamment la renaturation des marais de Peychaud et la restauration de la Jalle du Sable. En milieu urbain, le projet prévoit la plantation de 6,5 hectares de forêts et de milieux naturels, ainsi que le développement d’un réseau favorable aux pollinisateurs. La réduction de la pollution lumineuse devrait également bénéficier à la faune nocturne, en particulier aux chauves-souris.
Paris adopte un PLU bioclimatique
En 2024, la Ville de Paris a adopté son Plan local d’urbanisme bioclimatique (PLUb) afin de mieux répondre aux enjeux climatiques. Après avoir contribué au Plan d’aménagement et de développement durable (PADD) en 2022, la LPO Île-de-France a formulé plusieurs propositions reprises dans le document final, parmi lesquelles l’installation de nichoirs dans les constructions neuves, la limitation des façades entièrement vitrées et la création de nouveaux parcs en sols désartificialisés.
En Côte-d’Or, le grand retour du castor
Disparu depuis plus d’un siècle, le Castor d’Eurasie fait son retour en Côte-d’Or.disparu depuis plus d’un siècle, est célébré comme une réussite écologique. Loin d’être un nuisible, le castor joue un rôle clé dans l’amélioration de la qualité de l’eau, la régulation
des crues et le renforcement des populations de poissons. La Communauté d’Agglomération Beaune Côte & Sud, avec l’appui de la LPO Bourgogne-Franche-Comté, déploie un plan ambitieux pour pérenniser sa présence et favoriser la cohabitation avec les habitants.
À Rochefort, les eaux usées filtrées par la nature
La station de lagunage de 70 hectares traite les eaux usées de manière à la fois économique et écologique. Les bassins exploitent l’action combinée du soleil, du vent et des micro-organismes pour épurer l’eau. Véritable refuge pour la biodiversité, le site accueille près de 160 espèces d’oiseaux, favorisées par l’abondance de plancton et les aménagements réalisés par la LPO. Le projet est soutenu par le Département de Charente-Maritime, la Ville de Rochefort et la Communauté d’agglomération Rochefort Océan.