Mieux connaître pour mieux protéger
La première étape de toute politique ambitieuse en faveur de la biodiversité repose sur la connaissance. De nombreuses collectivités s’engagent aujourd’hui dans la réalisation d’inventaires de la faune et de la flore à travers des Atlas de la biodiversité communale. Ces démarches, souvent participatives, associent les habitants à l’observation de leur environnement et permettent de mieux identifier les richesses naturelles locales, ainsi que les enjeux de leur préservation.
Des espaces naturels sanctuarisés
Face à l’érosion continue de la biodiversité, la protection des milieux naturels s’impose comme une priorité. Les communes disposent de leviers concrets pour préserver haies, arbres et forêts, notamment en classant les boisements en Espaces Bois Classés (EBC) dans leur Plan local d’urbanisme (PLU). La restauration des zones humides – marais, marécages, tourbières – et la renaturation des berges de cours d’eau, rivières et lacs contribuent également à renforcer la résilience écologique des territoires.
Aménager autrement
L’aménagement du territoire est désormais appelé à intégrer pleinement les enjeux environnementaux. L’application du principe de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et l’intégration des trames écologiques comme fil conducteur des choix d’urbanisme permettent de concilier développement et préservation des milieux. Ces trames, véritables réseaux du vivant, assurent la continuité écologique indispensable au déplacement des espèces.
Le bâti comme refuge pour la biodiversité
Les bâtiments constituent aussi un enjeu majeur. Lors des opérations de renouvellement urbain ou de rénovation énergétique, la prise en compte de la biodiversité du bâti devient essentielle. Nichoirs, cavités, matériaux adaptés : les constructions nouvelles peuvent être pensées pour accueillir la nature en ville, tandis que le bâti existant peut être rénové sans exclure les espèces qui y ont trouvé refuge.
Contexte
L’artificialisation des sols figure parmi les principales causes du déclin de la biodiversité, comme le souligne l’IPBES. Chaque année, entre 20 000 et 30 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers disparaissent sous le béton et l’asphalte. Ces transformations entraînent la destruction d’habitats, la disparition d’espèces protégées et une fragmentation des milieux qui entrave les déplacements de la faune et de la flore.
Préserver la biodiversité, c’est aussi préserver l’identité et l’attractivité d’un territoire. La qualité du cadre de vie joue un rôle déterminant dans le dynamisme économique et touristique des communes. En maintenant les services écosystémiques rendus par la nature — régulation du climat, prévention des inondations, limitation des îlots de chaleur urbains — les collectivités renforcent la résilience de leur territoire face aux défis environnementaux.
Des compétences locales au cœur de l’action
À l’échelle communale, le maire joue un rôle clé dans l’encadrement des projets d’urbanisme et d’aménagement, notamment à travers l’élaboration du PLU et la délivrance des autorisations de travaux, sous réserve des compétences intercommunales. À ce titre, il peut :
- définir et structurer les trames écologiques (verte, bleue, brune, noire, blanche, turquoise) ;
- sanctuariser les espaces à forts enjeux écologiques tels que les zones humides, boisements et haies ;
- préserver les sols et leurs fonctions écologiques ;
- favoriser la réhabilitation et le renouvellement urbain en préservant les espaces végétalisés sensibles ;
- intégrer la biodiversité dans les projets de rénovation du bâti ;
- renforcer la connaissance du patrimoine naturel afin d’en faire un véritable atout territorial.
Quand les collectivités s’engagent aux côtés de la LPO
En Vendée, les haies reprennent racine
À Fontenay-le-Comte, Saint-Gilles-Croix-de-Vie ou encore au Tablier, plusieurs communes ont entrepris d’inventorier et d’évaluer la qualité des haies présentes sur leur territoire. Ce travail, mené avec l’appui de la LPO, a permis d’identifier les enjeux écologiques tout en mobilisant les habitants autour de la préservation de ce patrimoine paysager essentiel.
À Saint-Étienne Métropole, le busard cendré protégé
Rapace rare nichant au sol, le Busard cendré voit ses effectifs décliner sous l’effet de l’évolution des pratiques agricoles. Soutenue par Saint-Étienne Métropole, la LPO Auvergne-Rhône-Alpes réalise un état des lieux des populations et aménage des friches favorables à l’espèce, tout en travaillant avec les propriétaires fonciers pour assurer sa protection.
Dans l’Aveyron, une Obligation Réelle Environnementale exemplaire
À L’Hospitalet-du-Larzac, la mise en place d’une Obligation Réelle Environnementale (ORE) avec la LPO Occitanie vise à préserver des milieux remarquables tels que les pelouses sèches et les arènes dolomitiques des Beaumettes. La commune s’engage ainsi à maintenir la biodiversité du site tout en favorisant le pastoralisme et l’accès des habitants à cet espace naturel.
À Sablé-sur-Sarthe, les habitants veillent sur les hirondelles
Face au déclin alarmant des hirondelles, la ville soutient l’opération « Sentinelles des Hirondelles », portée par la LPO Sarthe. Les habitants volontaires participent à l’inventaire des couples nicheurs, contribuant à une meilleure connaissance et à la préservation de ces espèces emblématiques du bâti.
À Échirolles, le crapaud calamite trouve sa place
En milieu urbain, la commune d’Échirolles a créé un corridor écologique de 200 mètres pour faciliter les déplacements du Crapaud calamite. Des crapauducs, des tunnels sous la voirie et la création de mares par la LPO AURA sécurisent le cycle de vie de l’espèce, au cœur d’un plan de conservation engagé de longue date.
À Lyon, le PLU intègre les espèces du bâti
Dans le cadre du plan de sauvegarde des Hirondelles et Martinets, élaboré avec la LPO, la Métropole de Lyon a modifié son Plan local d’urbanisme afin d’y intégrer des dispositions spécifiques en faveur des espèces dépendantes du bâti, marquant une avancée significative pour la biodiversité urbaine.