Alors que nos villes et villages se transforment, s’étendent, se densifient, une question essentielle se pose : quelle place voulons-nous accorder à la nature ? Quelle est notre relation aux paysages qui rythment nos vies, aux oiseaux, aux insectes, aux cours d’eau, mais aussi aux sols qui respirent sous nos pieds et assurent notre alimentation ?
Les prochaines élections municipales (15 & 22 mars) ne sont pas seulement un rendez-vous politique, elles constituent une opportunité historique permettant à chaque citoyen de faire le choix d’un territoire respectueux du Vivant. Le constat s’impose : vagues de chaleur, inondations, érosion alarmante de la biodiversité, sécheresse, espèces invasives, pollutions… Face à l’ampleur de ces défis, la nature reste notre grande alliée. Préserver les zones humides, développer des corridors écologiques, soutenir une agriculture saine et durable, offrent un impact concret sur notre santé et sur notre qualité de vie. Chaque cour d’école végétalisée génère un îlot de fraîcheur. Chaque haie plantée ou préservée devient un refuge pour la faune. Chaque inventaire écologique constitue une avancée pour la connaissance du territoire. Chaque rue éteinte la nuit accueille la biodiversité nocturne…
Principales gestionnaires en matière d’urbanisme, les municipalités façonnent notre quotidien, dessinent nos rues, nos parcs, nos lieux de vie. Elles garantissent l’espace politique le plus près de nous et sur lequel nous avons une réelle emprise. Autrement dit, l’élection municipale s’affirme comme le moment-clé où chaque habitant devient acteur de son territoire, où chaque électeur peut exprimer ses convictions afin de faire de cette échéance un tournant pour la nature.
Ainsi, dans ce monde qui est le nôtre, dans cette période de conflits internationaux et de tensions à l’échelle nationale, d’angoisse et d’incertitudes, ces élections (qui existent depuis près de 150 ans) participent du lien que nous entretenons avec nos territoires, avec leur passé et leur avenir. Partout en France, des maires montrent que les projets en faveur de la nature sont réalisables, que l’ambition ne relève ni d’ une contrainte ni d’une utopie, mais bien d’une impérieuse nécessité à l’heure de l’effondrement du vivant ! La LPO et les Maires Ruraux cesseront de le répéter, et c’est la raison pour laquelle nous proposons dix mesures phares pour le prochain mandat des élus locaux : voter en faveur de la biodiversité, les 15 et 22 mars prochain, c’est voter pour notre santé, pour la poésie, la résilience et l’attractivité de nos territoires, et, en somme, pour un enthousiasme nouveau à l’échelle de 34.875 communes.
Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO
John Billard, Secrétaire général assurant par intérim la présidence de l’Association des Maires Ruraux de France, Maire de Le Favril (Eur -et-Loire)