Situé sur les communes de Champigny-en-Rochereau, Frozes et Villiers, ce parc visait à procéder au renouvellement des éoliennes du parc Rochereau I, en remplaçant notamment les quatre aérogénérateurs de 125 mètres de hauteur en bout de pâle, par quatre aérogénérateurs d’une hauteur de 230 mètres en bout de pâle.
La LPO s'opposait à ce projet car l’implantation devait être effectuée à 180 mètres d’une zone de protection spéciale (ZPS) pour l’Outarde, à savoir la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de type II des « Plaines du Mirebalais et du Neuvillois ».
Dénonçant les erreurs méthodologiques entachant les protocoles de suivi du parc Rochereau I et Rochereau II, la LPO s’appuyait également sur l’expertise scientifique du Muséum National d’Histoire Naturelle, qui recommande d’associer aux ZPS une zone additionnelle d’évitement de 2km autour de leur périphérie, pour y inclure les sites de ponte potentiels des femelles.
Les arguments de la LPO ont intégralement été suivis par la Cour administrative d’appel qui a annulé l’autorisation délivrée pour la construction et l’exploitation du parc. La Cour a notamment jugé qu’aucune prescription complémentaire n’est susceptible de garantir que le projet ne porte pas atteinte à l’Outarde canepetière.
Classée en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN, l’Outarde canepetière figure également sur la triste liste des espèces d’oiseaux au monde jugées comme les plus vulnérables aux éoliennes (150e rang sur 9 538 espèces). Alors que sa population a décliné de 94% entre 1982 et 1996, les zones de protection forte permettant à l’Outarde d’assurer sa reproduction, sa nidification et sa dispersion vers les zones favorables avoisinantes ne peuvent être fragilisées par des projets l’exposant à un risque de collision.
Référence de la décision : CAA de Bordeaux, 24 février 2026, n°23BX02531