Des appeaux en lieu et place des sifflets, des cerfs-volants multicolores en forme d’oiseaux, et une mascotte – Macarix – en bonne place : la LPO était bien représentée parmi les 2 500 manifestants présents pour le Printemps Bruyant. Le cortège a relié les sièges d’agro-industriels jusqu’au Tribunal de Paris, à Porte de Clichy, pour symboliquement les mettre face à leurs responsabilités.
Sympathisants, bénévoles, salariés et administrateurs de la LPO France et d’Île-de-France ont uni leurs voix pour rappeler une urgence : le vivant disparaît, et il est encore temps d’agir.
Un constat alarmant : le silence gagne du terrain
Les oiseaux sont un indicateur de l’état de santé de nos écosystèmes, leur déclin est une alerte.
- Entre 2001 et 2024, les populations d’oiseaux, toutes espèces confondues en France ont régressé de 18,2 %.
- Pour les espèces spécialistes des milieux agricoles, le déclin est de 32,5 %.
En cause : un modèle agricole intensif reposant massivement sur l’utilisation d’intrants chimiques.
Ces substances contaminent tous les milieux - eau, air, sols - et leurs impacts sur la santé humaine (cancers, troubles neurologiques, perturbations endocriniennes) sont largement documentés, comme en attestent plusieurs expertises collectives, de l’Inserm ou de l’INRAE/IFREMER.
Les alternatives existent
Les alternatives aux pesticides existent mais elles ne sont pas assez soutenues. L'Etat doit encourager le développement du bio (sans pesticides de synthèse par définition) et des méthodes agroécologiques.
A ce titre, une nature en bonne santé fournit des services écosystémiques :
- La lutte biologique par conservation, en protégeant et favorisant les espèces sauvages qui contribuent au contrôle des ravageurs, permet de réduire l’usage des pesticides tout en prenant soin du vivant.
- La protection et restauration des haies, des mares ou bien encore des zones humides favorise les auxiliaires des cultures, pour produire avec et non contre la nature.
Les revendications portées par la LPO
- Planifier dès maintenant l'arrêt de la production et de l’usage des pesticides de synthèse.
- Accompagner des agriculteurs et des agricultrices pour leur permettre d’arrêter l’usage de ces pesticides de synthèse.
- Obtenir justice et réparation pour les victimes des pesticides, en métropole et dans les Outre-mer, notamment du chlordécone, et aussi pour le préjudice écologique.
- Organiser une conférence citoyenne pour élaborer un projet permettant de nourrir sans détruire, conciliant production, conditions de travail décentes, santé et respect de l’environnement.
Pour aller plus loin
En savoir plus sur les actions menées par la LPO pour une agriculture durable respectueuses de la biodiversité et du climat.