Le Courlis cendré (Numenius arquata) et la Barge à queue noire (Limosa limosa) figurent parmi les limicoles les plus emblématiques de nos zones humides. Pourtant, leur état de conservation demeure préoccupant : les deux espèces sont classées « Quasi menacées » (NT) tant à l'échelle mondiale qu'européenne.
Face au déclin de leurs populations, la chasse de ces deux espèces est suspendue en France depuis plusieurs années. Le ministère de la Transition écologique propose aujourd'hui de prolonger ces moratoires jusqu'au 1er juillet 2027.
Des engagements internationaux sans ambiguïté
La France est Partie à l'AEWA, l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie. En raison de leur état de conservation défavorable, le Courlis cendré et la Barge à queue noire font chacun l'objet d'un Plan international d'action par espèce (ISAP). Ces plans définissent les mesures nécessaires au rétablissement de leurs populations et encadrent notamment les possibilités de prélèvement.
Pour le Courlis cendré, le plan international adopté en 2015 et prolongé jusqu'en 2028 prévoit explicitement de « rétablir un moratoire complet sur la chasse en France, jusqu'à ce que le processus de gestion adaptative des prélèvements ait établi ses recommandations ».
Or, près de onze ans après l'adoption du plan, ce dispositif international de gestion adaptative n'est toujours pas opérationnel. Aucune recommandation permettant une réouverture de la chasse n'a donc été formulée.
Pour la Barge à queue noire, le plan international couvre les deux sous-espèces fréquentant la France et prévoit explicitement « l'arrêt de la chasse sur l'ensemble de son aire de répartition », sans distinction entre elles.
Pourquoi renouveler ces moratoires chaque année ?
La LPO soutient pleinement le projet d'arrêté. Elle s'interroge néanmoins sur la pertinence de renouveler annuellement des mesures dont les conditions internationales de levée ne sont pas réunies.
Pour le Courlis cendré, aucune réouverture ne peut être envisagée tant que le dispositif international de gestion adaptative prévu par le plan AEWA n'a pas établi ses recommandations. Pour la Barge à queue noire, le plan international actuellement en vigueur prévoit explicitement l'arrêt de la chasse sur l'ensemble de son aire de répartition.
La LPO demande donc que des moratoires pluriannuels, pouvant aller jusqu'à cinq ans comme le permet la législation, soient désormais privilégiés.
Mobilisez-vous avant le 24 juillet !
La consultation publique est ouverte jusqu'au 24 juillet 2026. La LPO invite chacune et chacun à déposer un avis favorable au maintien de la suspension de la chasse du Courlis cendré et de la Barge à queue noire.
Besoin d'aide pour rédiger votre avis ?
Exprimez-vous avec vos propres mots. Vous pouvez notamment rappeler que :
- le Courlis cendré et la Barge à queue noire demeurent dans un état de conservation préoccupant et sont classés « Quasi menacés » (NT) sur les Listes rouges mondiale et européenne de l’UICN;
- les plans internationaux de conservation de l'AEWA actuellement en vigueur encadrent sans ambiguïté la chasse de ces espèces : moratoire jusqu'à l'établissement de recommandations de gestion adaptative pour le Courlis cendré et arrêt de la chasse sur l'ensemble de l'aire de répartition pour la Barge à queue noire ;
- les conditions permettant d'envisager une réouverture de la chasse du Courlis cendré ne sont toujours pas réunies, le processus international de gestion adaptative n'ayant pas établi ses recommandations ;
- compte tenu de l'absence de perspective crédible de réouverture à court terme, des moratoires pluriannuels de cinq ans seraient plus cohérents que leur renouvellement annuel.
N'oubliez pas d'exprimer explicitement que votre avis est favorable au projet d'arrêté suspendant la chasse du Courlis cendré et de la Barge à queue noire, afin qu'il soit bien comptabilisé comme tel.