Si le loup (Canis lupus) conserve officiellement son statut d'espèce protégée en France, ce projet d'arrêté traduit de nouveaux assouplissements facilitant sa destruction, issus de la loi d'urgence agricole adoptée en août 2026.
Voici les évolutions les plus préoccupantes :
- Des tirs de défense sur simple déclaration, pour tous les troupeaux et dans toutes les communes.
- Des interventions facilitées des lieutenants de louveterie, y compris sur des élevages non protégés en cas de dommages exceptionnels.
- Des tirs de prélèvement élargis, désormais possibles après des attaques répétées d'une meute sur un même troupeau.
- L'utilisation de lunettes de visée thermiques par les chasseurs, sous certaines conditions.
- Des possibilités de tirs dans certains espaces protégés, notamment des cœurs de parcs nationaux et des réserves naturelles, sous conditions.
Ces évolutions risquent de banaliser le recours aux tirs létaux, au détriment d'une véritable politique de coexistence et de la mise en place de solutions alternatives.
La prévention doit primer sur la destruction
La LPO reconnaît les difficultés rencontrées par les éleveurs confrontés à la prédation. Mais multiplier les possibilités de tuer des loups ne constitue en aucun cas une réponse durable. La priorité doit rester la protection des troupeaux : chiens de protection, clôtures adaptées, gardiennage, regroupement nocturne et accompagnement des éleveurs.
Les tirs létaux peuvent également perturber l'organisation sociale des meutes et leurs dynamiques territoriales. Leur efficacité à long terme pour réduire la prédation doit être évaluée scientifiquement, plutôt que présumée.
Le maintien du statut d'espèce protégée ne doit pas devenir une « protection de façade ». La coexistence avec le pastoralisme exige des moyens de prévention, pas une multiplication des tirs !
Mobilisez-vous avant le 22 novembre !
La consultation publique est ouverte jusqu'au 22 novembre 2026.
La LPO appelle chacune et chacun à déposer un avis DÉFAVORABLE au projet d'arrêté.
Besoin d'aide pour rédiger votre avis ?
N'oubliez pas d'indiquer explicitement « AVIS DÉFAVORABLE » dans le titre de votre contribution, comme le demande le ministère, afin que votre position soit clairement identifiée.
Exprimez-vous avec vos propres mots. Vous pouvez notamment rappeler que :
- Une espèce protégée doit bénéficier d'une protection effective. Le maintien du statut du loup ne doit pas servir de caution à un assouplissement continu des possibilités de destruction.
- Les tirs de défense ne doivent pas devenir systématiques. La généralisation de la déclaration préalable réduit le contrôle de l'administration et banalise le recours aux armes.
- La prévention doit rester prioritaire. Les interventions létales ne doivent pas se substituer à la mise en place de mesures de protection des troupeaux et à l'accompagnement des éleveurs.
- Les tirs de prélèvement doivent rester strictement encadrés. Le remplacement du critère de dommages exceptionnels par celui d'attaques répétées d'une meute risque de faciliter les opérations de destruction.
- Les espaces naturels protégés doivent conserver leur vocation de conservation de toute la biodiversité. L'ouverture de possibilités de tirs dans les parcs nationaux et les réserves naturelles est une en contradiction avec cet objectif/est un non-sens.
- La coexistence est un enjeu collectif. La réponse aux difficultés du pastoralisme doit passer par des solutions durables et scientifiquement évaluées, et non par une multiplication des tirs.