Une espèce qui a perdu plus de la moitié de ses effectifs en Europe
Autrefois familière de nos campagnes, l'Alouette des champs (Alauda arvensis) est l'une des espèces emblématiques des milieux agricoles. Son chant caractéristique accompagne depuis des générations les paysages ruraux. Pourtant, ses populations ne cessent de diminuer.
Selon le Programme paneuropéen de suivi des oiseaux communs (PECBMS), les populations européennes d'Alouettes des champs ont chuté de 58 % entre 1980 et 2024, et de 16 % sur les dix dernières années.
La situation française n'est guère plus rassurante. Les derniers résultats du Suivi temporel des oiseaux communs (STOC) montrent une diminution de 32 % des populations nicheuses entre 2001 et 2025, et de 11 % sur la seule période 2016–2025. L'espèce est d'ailleurs classée « Quasi menacée » (NT) sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine.
Si l'intensification des pratiques agricoles et la dégradation des habitats figurent parmi les principales causes de ce déclin, cela ne justifie pas d'ajouter de nouvelles pressions sur une espèce dont les populations continuent de régresser.
Près de 100 000 oiseaux supplémentaires capturés au filet ?
Le projet d'arrêté prévoit d'autoriser, pour la saison 2026-2027, la capture de 98 702 Alouettes des champs au moyen de pantes dans quatre départements : la Gironde (38 600), les Landes (56 672), le Lot-et-Garonne (1 230) et les Pyrénées-Atlantiques (2 200).
Ces captures concernent principalement des oiseaux migrateurs provenant de différentes régions d'Europe, dont plusieurs populations connaissent elles aussi des déclins importants.
Or, l'Alouette des champs est déjà une espèce chassable à tir en France. Selon la dernière enquête nationale sur les tableaux de chasse dont nous disposons, entre 121 221 et 237 991 Alouettes des champs auraient été prélevées au fusil durant la saison 2013–2014.
Ces estimations anciennes ne permettent pas de connaître les prélèvements actuels, mais elles rappellent que la chasse aux filets ne constitue pas la seule pression cynégétique exercée sur l'espèce.
Dans ces conditions, pourquoi autoriser près de 100 000 captures supplémentaires d'une espèce dont les populations ont déjà perdu plus de la moitié de leurs effectifs en Europe ?
Alors que les populations d'Alouettes des champs continuent de s'effondrer, la priorité du Ministère de la transition écologique devrait être de réduire les pressions qui s'exercent sur elles, et une réponse aux lobbies cynégétiques.
Mobilisez-vous avant le 29 octobre
La consultation publique est ouverte jusqu'au 29 octobre 2026.
La LPO appelle chacune et chacun à déposer un avis défavorable au projet d'arrêté fixant les quotas de capture d'Alouettes des champs aux pantes pour la saison 2026–2027.
Besoin d'aide pour rédiger votre avis ?
Exprimez-vous avez vos propres mots. Vous pouvez notamment rappeler que :
- Les populations européennes d'Alouettes des champs ont diminué de 58 % depuis 1980, et de 16 % sur les dix dernières années (PECBMS).
- En France, le STOC montre un déclin de 32 % depuis 2001, qui se poursuit sur la période récente (−11 % entre 2016 et 2025).
- L'espèce est classée « Quasi menacée » sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine.
- L'Alouette des champs est déjà chassée au fusil en France ! Alors que cette chasse occasionne déjà des prélèvements importants, rien ne justifie d'y ajouter près de 100 000 captures potentielles au filet !
- Une espèce qui a perdu plus de la moitié de ses effectifs en Europe doit être préservée, pas davantage chassée ! Face à un déclin qui se poursuit, la priorité doit être de réduire les pressions sur l'Alouette des champs, et non d'autoriser de nouveaux prélèvements au nom de la tradition.
N'oubliez pas d'indiquer explicitement que votre avis est défavorable au projet d'arrêté, afin que votre contribution soit clairement identifiée comme telle.