Au Verdon-sur-Mer, un front commun attaque en justice la ferme-usine Pure Salmon

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Au Verdon-sur-Mer, le projet de ferme-usine de saumons Pure Salmon fait l’objet de deux recours devant la justice administrative. Aux côtés de 16 autres associations et acteurs du territoire, la LPO attaque la légalité des autorisations délivrées par l’État et alerte sur les risques majeurs que ce projet fait peser sur l’eau et la biodiversité. 

rassemblement du collectif en opposition à Pure Salmon avec une banderole "Pour la justice alimentaire et climatique zéro ferme-usine de saumons"

13 associations ont saisi la justice contre le projet Pure Salmon — Crédits photo : Seastemik

Lors de la conférence de presse du 6 octobre, un collectif réunissant 13 associations, 4 entreprises locales et 17 riverain.es a annoncé avoir saisi la justice contre le projet d’élevage intensif porté par Pure Salmon. La LPO participe au recours contre l’autorisation environnementale déposé devant la cour administrative d’appel de Bordeaux. 

A partir de 2027, cette installation d’élevage et de transformation de saumons atlantiques pourrait produire jusqu’à 10 000 tonnes de saumons par an sur un site de 14 hectares. Une taille « hors norme » pour ce qui deviendrait la plus grande ferme-usine de saumons de France. Si le site est implanté sur une zone industrialo-portuaire déjà artificialisée, il se trouve néanmoins au sein du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, à proximité de sites Natura 2000. 

 

L'eau sous forte pression

Le projet fait peser de lourdes incertitudes sur la ressource en eau et la qualité des eaux de l’estuaire. Les prélèvements nécessaires au fonctionnement de l’installation pourraient notamment entraîner la salinisation des nappes, en particulier celle de l’Éocène, pourtant stratégique pour l’alimentation en eau potable de la région bordelaise. 

Cet élevage intensif de saumons rejetterait dans le milieu naturel près de 6 500 m³ d’effluents par jour, contenant notamment des nitrates, de l’ammonium et du phosphore. Dans un estuaire déjà dégradé, ces rejets pourraient affecter des espèces aquatiques protégées et des secteurs importants pour la faune marine. Face à ces risques, le Parc naturel marin a émis de nombreuses réserves concernant ce projet d’élevage, tandis que le conseil scientifique de l’estuaire a rendu un avis défavorable. 

 

Une étude d'impact fondée sur des données obsolètes

La LPO pointe aussi du doigt la faiblesse de l’étude d’impact, qui repose sur des données recueillies entre 2007 et 2011, aujourd’hui vieilles de plus de 15 ans. Leur ancienneté fragilise la démarche « éviter, réduire, compenser » et ne permet ni d’évaluer correctement les effets du projet, ni de garantir la pertinence des mesures prévues. Certaines espèces sont ainsi insuffisamment prises en compte, comme le Pélobate cultripède. Les données de Faune-France, portail de science dédié à la biodiversité, révèlent également la présence probable de l’Alouette des champs, une espèce quasi menacée en France, pourtant absente de l’évaluation des enjeux du projet. 

 

La justice va désormais examiner le projet

La justice doit désormais trancher sur la légalité des deux autorisations accordées au projet Pure Salmon : le permis de construire délivré le 15 juin 2026 et l’autorisation environnementale du 3 août 2026. Une première audience pourrait se tenir au printemps 2027.  

Le 18 octobre, mobilisons-nous contre Pure Salmon 

Dimanche 18 octobre à 14 heures, la mobilisation partira de Port-Médoc, au Verdon-sur-Mer, pour rejoindre la plage de la Chambrette. 

La LPO appelle toutes celles et tous ceux qui refusent ce projet à rejoindre la mobilisation.