Un enjeu majeur pour nos territoires
En France, l’agriculture façonne le paysage. Elle occupe plus de 29 millions d’hectares, soit plus de la moitié du territoire national. Un poids considérable, qui fait de ce secteur un acteur clé non seulement de notre alimentation, mais aussi de la santé de nos écosystèmes.
Car produire ne va pas sans conséquences. Les modèles agricoles intensifs, centrés sur la productivité maximale, ont généré au fil du temps de nombreuses externalités négatives : pollution de l’air et de l’eau, érosion des sols, effondrement de la biodiversité, impacts sanitaires sur les populations humaines et animales. À cela s’ajoute une fragilisation des territoires, moins résilients face aux aléas climatiques et moins attractifs pour leurs habitants.
À l’inverse, des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement ouvrent d’autres perspectives. Elles permettent de produire localement une alimentation saine, de préserver la biodiversité, de stocker du carbone et de maintenir des paysages vivants. Plus diversifiés et moins dépendants des intrants, ces modèles sont aussi mieux armés face aux crises climatiques, économiques ou géopolitiques.
Les collectivités, moteurs de la transition agroécologique
La transition agroécologique ne se décrète pas du jour au lendemain. Complexe et progressive, elle repose sur l’engagement conjoint des agriculteurs, des filières… et des collectivités locales. Si ces dernières ne peuvent agir seules, leur rôle est déterminant pour impulser et soutenir les dynamiques locales.
Un maire peut ainsi :
- influencer les pratiques agricoles par l’aménagement du territoire et les documents d’urbanisme ;
- faciliter l’installation et le maintien des agriculteurs ;
- soutenir une agriculture locale et durable ;
- jouer un rôle de médiation entre agriculteurs et riverains ;
- protéger les populations sensibles, notamment en interdisant les épandages de pesticides à proximité des écoles pendant les heures d’ouverture.
Des territoires engagés aux côtés de la LPO
À La Motte-Servolex (Savoie), les agriculteurs se mobilisent pour recréer des paysages vivants. En partenariat avec la Chambre d’agriculture, le CISALB, et avec le soutien du Département de la Savoie et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la commune a lancé un vaste programme de plantation de haies. Résultat : plus de 100 arbres de haut jet, 60 arbres fruitiers en agriculture biologique, 723 arbustes et 30 nichoirs installés pour accueillir chauves-souris et oiseaux. La LPO Auvergne-Rhône-Alpes a apporté son expertise sur le choix des essences et l’aménagement écologique. Une démarche saluée en 2023 par le concours Capitale française de la biodiversité, qui a désigné La Motte-Servolex « Meilleure petite ville pour la biodiversité ».
À Grenoble-Alpes Métropole, l’engagement se traduit par un soutien concret aux agriculteurs. La collectivité a mis en place un appel à projets permanent pour accompagner l’installation ou le développement des exploitations. Elle a également acquis plus de 50 hectares de terres agricoles à Meylan afin de faciliter l’installation de jeunes agriculteurs. La LPO Isère intervient en appui, notamment sur les mesures agro-environnementales, pour concilier production et préservation de la nature.
À Angers Loire Métropole, l’alimentation est devenue un projet de territoire. À la suite d’une large consultation citoyenne, un Projet Alimentaire Territorial ambitieux a vu le jour. Objectifs : atteindre 50 % d’alimentation durable, doubler l’autonomie alimentaire locale et porter à 40 % la part des surfaces agricoles à haute valeur environnementale d’ici 2030. La LPO Anjou y contribue activement, en favorisant la transmission des fermes et en accompagnant les agriculteurs engagés dans la transition écologique, notamment via le réseau Paysans de Nature.