Réduire le plastique, c’est protéger l’océan

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A l’occasion de son cinquantenaire, la Journée mondiale de l’environnement, organisée le 5 juin par les Nations Unies, met cette année l’accent sur la lutte contre la pollution plastique, véritable fléau pour la biodiversité marine contre lequel la LPO est mobilisée.

Macareux moine tenant des déchets marins dans son bec

Environ 250 kilos de déchets plastiques sont déversés chaque seconde dans les océans du globe. Une partie de cette pollution est invisible à nos yeux, fragmentée en microparticules, engloutie au fond des mers ou flottant au large entre deux eaux.

Ce plastique constitue pourtant une menace concrète pour la biodiversité en raison notamment de son impact direct sur la faune sauvage. Plus de 800 espèces marines et côtières sont ainsi affectées, essentiellement par ingestion ou enchevêtrement et près de 90% des oiseaux marins ont du plastique dans l’estomac. Une étude très récente sur le Puffin à pieds pâles a mis en évidence que l’absorption de plastique provoquait des formes de fibrose digestive potentiellement mortelles chez cette espèce d’oiseau.

Cette nouvelle maladie a été nommée “plasticose.

Face à ce constat dramatique, la LPO est mobilisée depuis plusieurs années et coordonne notamment depuis 2021 le projet européen LIFE SeaBiL, qui vise à évaluer l’incidence du plastique sur la mortalité des oiseaux marins en Espagne, en France et au Portugal en effectuant des analyses sur les contenus stomacaux de cadavres échoués. D’autres actions de ce projet cherchent à endiguer cette pollution à la source à travers l’élaboration et la mise en œuvre de plans de réduction des déchets avec les collectivités locales et la LPO collabore ainsi avec les acteurs de la mer et du littoral de la région Nouvelle Aquitaine.

Il reste toutefois nécessaire d’agir à plus grande échelle pour mettre fin à cette calamité globale qui menace à la fois les écosystèmes naturels, la santé humaine, ainsi que le climat, le cycle de vie des matières plastiques s’accompagnant de très importantes émissions de gaz à effet de serre.

Suite à l’adoption d’une résolution historique lors de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement à Nairobi en mars 2022, un accord juridique international contraignant doit être proposé d’ici fin 2024 pour mettre fin à la pollution plastique. La deuxième session de négociations s’est déroulée à Paris du 29 mai au 2 juin 2023. Si l’amélioration du recyclage des matières plastiques était au cœur des discussions, les objectifs de diminution de leur production et de leur utilisation, contestés par les lobbies de la pétrochimie, restent la clé pour évaluer le niveau d’ambition réel de l’accord qui sera trouvé.

Les eaux de notre planète bleue contiendront bientôt plus de plastique que de poissons. Le plus consternant dans cette situation serait que notre réaction collective ne soit pas à la hauteur de l’enjeu. Car si les océans meurent, nous mourrons.