La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), le Fonds mondial pour la nature (WWF France), France Nature Environnement (FNE), Humanités et Biodiversité, la Société nationale de protection de la nature (SNPN) se félicitent de cette proposition.
Cette décision majeure met fin à une incohérence persistante consistant à autoriser la chasse d’espèces dont l’état de conservation est pourtant défavorable. Elle marque une étape essentielle dans la reconnaissance de l’urgence à protéger la biodiversité de montagne.
Deux espèces emblématiques en déclin
La Lagopède alpin : une sentinelle du changement climatique
Relique de l’ère glaciaire, le Lagopède alpin ne subsiste en France que dans les Alpes et les Pyrénées, sous forme de populations isolées et fragiles. Inféodé aux milieux d’altitude, il subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique, qui réduit progressivement son habitat.
Depuis le milieu du 20e siècle, l’espèce a connu une forte régression de son aire de présence, avec une disparition dans de nombreuses communes. À ces pressions s’ajoutent le dérangement lié aux activités humaines en montagne et l’artificialisation des milieux.
Le Grand tétras : un déclin massif et généralisé
Espèce emblématique des forêts de montagne, le Grand tétras a subi un déclin spectaculaire en France. L’espèce ne subsiste aujourd’hui que sous forme de populations fragiles, principalement dans les Pyrénées, avec des noyaux résiduels dans le Jura et les Vosges, ainsi que des effectifs très réduits dans d’autres massifs. Dans les Pyrénées, ses effectifs ont chuté de près de 80 % depuis 1960.
Fragmentation des habitats, dérangement touristique, aménagements en montagne et changement climatique constituent les principales causes de ce déclin.
Une proposition cohérente qui respecte la science et le droit
Cette inscription en protection stricte s’inscrit dans la continuité des décisions du Conseil d’État ayant déjà suspendu la chasse de ces espèces, au regard de leur mauvais état de conservation et des obligations découlant du droit de protection de la nature en France et en Europe.
Elle vient consacrer des années de mobilisation des associations et réaffirme la nécessité de fonder les décisions publiques sur les connaissances scientifiques.
Il s’agit d’une excellente nouvelle pour ces deux espèces et une décision courageuse de la part de la Ministre Monique Barbut qui s’inscrit dans le respect de la science et du droit ! D’autres espèces en mauvais état de conservation continuent aujourd’hui d’être chassées. Il devient urgent que la chasse soit en conformité avec le droit et les connaissances scientifiques.