C'est ici, sur cet archipel breton, qu'est née la LPO en 1912, portée par la mobilisation pour sauver les derniers Macareux moines de la chasse. Plus d'un siècle plus tard, la réserve naturelle nationale (RNN) des Sept-Îles célèbre en 2026 ses 50 ans de protection, et avec elle, le cinquantenaire de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. À cette occasion, la LPO et le préfet des Côtes-d'Armor ont réuni ce 2 juillet 2026 élus, partenaires et acteurs du territoire pour saluer une réussite collective : celle de faire la démonstration qu'une politique de protection des espaces naturels, menée dans la durée, est un levier efficace pour préserver les espèces, faire progresser la connaissance scientifique et resserrer le lien entre nature et citoyens.
Cinquante ans de mobilisation collective
Créée en 1976 parmi les premières réserves naturelles nationales françaises, la réserve naturelle nationale des Sept-Îles, dont la LPO assure la gestion depuis sa création, est aujourd'hui une référence en matière de conservation des oiseaux marins et de protection des écosystèmes marins.
En cinquante ans, la Réserve a évolué pour répondre aux enjeux de la biodiversité. Son périmètre est passé de 280 hectares lors de sa création à 19 700 hectares depuis son extension en 2023, faisant des Sept-Îles l'une des plus vastes réserves naturelles marines françaises. Cette trajectoire est le fruit d'un engagement partagé entre l'État, la LPO, les collectivités, les scientifiques, les associations, les professionnels de la mer et les habitants, autour d'un même projet : préserver un patrimoine naturel d'exception tout en l'inscrivant pleinement dans la vie du territoire.
Cette journée a donné lieu à un programme dense qui a démarré par les prises de parole d’Allain Bougrain Dubourg et du Préfet des Côtes d’Armor pour laisser place à la visite de la nouvelle muséographie de la station et l’inauguration d’une exposition exceptionnelle « Des macareux par milliers ». Parmi les artistes contributeurs de l’initiative, Coco, Lucie Lucas et Loïc Faujour étaient présents. La journée s’est poursuivie en mer à la découverte de la réserve où Fous de Bassan, Macareux moines, phoques gris et Guillemots de Troïl se sont laissé observer
Depuis la station LPO de l'Île-Grande, maison de la Réserve, les équipes assurent le suivi scientifique de la Réserve, mènent des actions de conservation, accueillent la faune sauvage en détresse (centre de soins) et sensibilisent chaque année près de 50 000 personnes, dont plus de 7 000 scolaires. Une dizaine de salariés, appuyés par des volontaires en service civique et près de 200 bénévoles, font vivre ce lieu. En 2024, 1 097 animaux sauvages y ont été recueillis et soignés.
Les Sept-Îles, un patrimoine naturel d'exception
Au large de la côte de Granit Rose, les Sept-Îles comptent parmi les plus grands sanctuaires français pour les oiseaux marins. Les falaises de Rouzic abritent la plus importante colonie française de Fous de Bassan, avec 14 124 couples nicheurs en 2024, ainsi que des espèces emblématiques comme le Macareux moine (83 à 112 couples nicheurs recensés ces dernières années), le Pingouin torda, le Guillemot de Troïl ou le Puffin des Anglais.
Sous la surface, la richesse est tout aussi saisissante. Forêts de laminaires, herbiers de zostères, champs de gorgones, bancs de maërl et prairies d'algues rouges composent une mosaïque d'habitats où vivent plus d'un millier d'espèces marines.
L'archipel accueille aussi la principale colonie bretonne de phoques gris, avec 93 naissances recensées en 2024, tandis que dauphins, marsouins et de nombreux poissons fréquentent les eaux de la Réserve.
Cette richesse est le fruit d'un site exceptionnel et de cinquante années d'une gestion exigeante, fondée sur la science et la préservation des habitats. Face au changement climatique et à l'érosion du vivant, les Sept-Îles rappellent qu'une nature protégée n'est pas un frein pour les territoires : c'est une force pour leur avenir.
La Réserve des Sept-Iles, un territoire vivant
Depuis plusieurs décennies, la Réserve est également devenue un observatoire des changements environnementaux. Les suivis menés sur les oiseaux marins, les mammifères marins, les habitats côtiers ou les fonds marins permettent de mieux comprendre les effets du changement climatique et d'adapter les stratégies de conservation.
L'extension de la réserve en 2023, marque alors une nouvelle étape : protéger, dans une même continuité écologique, les îles, les plateaux rocheux et les habitats marins dont dépend l'ensemble du vivant des Sept-Îles.
Les Sept-Îles occupent une place particulière dans l'histoire de la LPO. Cinquante ans après la création de la réserve naturelle nationale, toute la richesse de la biodiversité présente sur le site nous démontre qu’une protection inscrite dans la durée, fondée sur la science et l’engagement collectif, porte ses fruits. Cette victoire collective, dont nous pouvons être fiers, nous oblige aussi à poursuivre, avec la même exigence, le combat pour la biodiversité.
Allain Bougrain Dubourg Président de la LPO
Repères historiques
1912 - Création de la Ligue pour la protection des oiseaux, à la suite de la mobilisation pour sauver les Macareux moines des Sept-Îles.
1976 - Création de la Réserve naturelle nationale des Sept-Îles, l'une des premières réserves naturelles nationales françaises.
2015 - Adoption d'un nouveau plan de gestion renforçant les missions scientifiques, l'observatoire écologique et la gestion intégrée des patrimoines naturels et culturels.
2023 - Extension de la réserve à 19 700 hectares, faisant des Sept-Îles l'une des plus importantes réserves naturelles marines françaises.
2026 - Cinquante ans de protection juridique et plus d'un siècle d'engagement de la LPO au service de la biodiversité.
Les Sept-Îles en quelques chiffres
- 19 700 hectares protégés depuis l'extension de la réserve en 2023 (contre 280 hectares en 1976).
- 11 espèces d'oiseaux marins nicheurs.
- 14 124 couples de Fous de Bassan recensés en 2024, la plus importante colonie française.
- 83 à 112 couples nicheurs de Macareux moine recensés ces dernières années.
- Jusqu'à 75 % des effectifs français pour plusieurs espèces emblématiques, dont le Fou de Bassan, le Macareux moine, le Pingouin torda ou le Puffin des Anglais.
- Plus de 1 000 espèces marines recensées sur le plateau des Sept-Îles.
- Une forêt de laminaires d'environ 2 500 hectares, parmi les plus remarquables de Bretagne.
- 93 naissances de phoques gris recensées en 2024, sur la principale colonie de reproduction de Bretagne.