La saison a débuté le 26 octobre 2025 avec l’arrivée de 8 oiseaux mazoutés. Depuis le début de l’année 2026, 17 oiseaux supplémentaires ont déjà été pris en charge. Les dépressions hivernales favorisent la remise en circulation d’hydrocarbures anciens, parfois qualifiés de « pollutions fantômes ».
Des analyses qui confirment l’origine des pollutions
Dans le cadre de la convention entre la LPO et le CEDRE, plusieurs prélèvements de plumes ont été analysés :
- En octobre 2025, un Guillemot de Troïl retrouvé à Saint-Michel-en-Grève présentait une signature chimique correspondant au fioul du Tanio.
- En janvier 2026, deux oiseaux (Guillemot de Troïl à Fouesnant et Pingouin torda à Plouhinec) ont livré des échantillons montrant une forte similarité entre eux. L’un d’eux correspond au fioul de l’Erika, malgré des altérations liées au vieillissement naturel des hydrocarbures.
Au nord de la Bretagne, le Tanio fuit encore 45 ans après son naufrage. Au sud, l’Erika continue d’affecter les oiseaux marins plus de 26 ans après.
Le Tanio : une catastrophe aux conséquences toujours actives
Le 7 mars 1980, le pétrolier Tanio, chargé de 26 000 tonnes de fioul lourd, se brise en deux lors d’une tempête au large de l’île de Batz. Environ 12 500 tonnes de fioul se déversent alors, polluant près de 200 km de littoral, dont la réserve naturelle nationale des Sept-Îles, gérée par la LPO. Cette marée noire entraîne la mort estimée de 40 000 oiseaux marins, principalement des espèces protégées. Malgré des opérations de pompage et plusieurs interventions sous-marines, du fioul reste piégé dans l’épave, provoquant encore aujourd’hui des fuites chroniques.
Une pollution documentée et persistante
Depuis 2019, 409 oiseaux mazoutés vivants ont été pris en charge au centre de soins de l’Île-Grande. À cela s’ajoutent de nombreux oiseaux retrouvés morts sur le littoral breton, principalement dans le Finistère et les Côtes-d’Armor. Trois opérations de colmatage ont été réalisées sur l’épave du Tanio, la dernière en juillet 2024. Pourtant, dès l’automne suivant, de nouveaux oiseaux mazoutés étaient signalés.
Les demandes de la LPO
Face à cette pollution chronique, la LPO appelle les autorités à mettre en oeuvre une solution définitive afin d’éliminer les fuites d’hydrocarbures issues des épaves du Tanio et de l’Erika.
« A l'heure où certains de nos dirigeants songent à reprendre l'exploitation d'hydrocarbures en France, les victimes mazoutées du Tanio et de l'Erika sont un douloureux rappel des désastres qu'entraîne la folie de l'or noir. »
Allain Bougrain Dubourg Président de la LPO