Lancée par le gouvernement en avril dernier, la Loi d’urgence agricole sera soumise, les 20 et 21 juillet, au vote final de l’Assemblée nationale puis du Sénat. Le texte, déjà problématique dans sa version initiale, s’est considérablement dégradé au fil des examens parlementaires. La Commission mixte paritaire (14 parlementaires, à huis clos) a validé l’essentiel de ces reculs, ouvrant la voie à l’adoption d’un troisième texte rétrograde en matière d’agriculture depuis 2025.
Alors que l’intégralité des départements français font actuellement l’objet de restrictions d’eau à la suite des canicules précoces inédites, le texte propose de revoir les règles de partage de l’eau, en permettant la confiscation à grande échelle de la ressource au profit d’une minorité d’irrigants. Faciliter la destruction des zones humides et doubler les volumes d’eau stockés dans les méga-bassines font ainsi partie des mesures, surréalistes, inscrites dans le projet de Loi.
Le Loup fait aussi les frais de cette Loi anti-nature qui libéralise les tirs sur cette espèce protégée. Les destructions seront même autorisées dans toutes les réserves naturelles et les parcs nationaux, des espaces où s’appliquent en principe les plus hauts niveaux de protection en France.
Pour couronner le tout, le texte prévoit de réautoriser deux pesticides néonicotinoïdes (Acétamipride et Flupyradifurone), des substances interdites en France du fait de leur toxicité pour l’environnement et la santé humaine. C’est un véritable passage en force, alors que 2,3 millions de citoyens s’étaient opposés à cette mesure que le Conseil constitutionnel avait censuré au titre du principe de précaution.
Face à un projet de loi catastrophique qui condamne nos écosystèmes, notre santé et notre capacité à lutter contre le changement climatique, nous appelons solennellement tous les parlementaires à rejeter ce texte et à travailler dès maintenant en faveur d’une véritable transition agricole, durable, saine et respectueuse de son environnement.
C’est un texte brutal, aveugle et irresponsable sur lequel les parlementaires seront amenés à se prononcer. Nos élus doivent prendre la mesure de l’impasse dans laquelle ces propositions nous amènent et rejeter fermement ce texte. L’avenir de notre agriculture mérite mieux que du béton, des balles et du poison.