Ils sont une centaine de signataires d’horizons variés à se joindre à l’appel pour préserver le fonds LIFE en tant que programme indépendant dans le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034. Sa disparition au profit d'une intégration dans des « méga-fonds » généralistes ferait peser trois risques majeurs : dilution des financements, perte de lisibilité pour les porteurs de projets, et mise en concurrence avec d'autres priorités politiques. Initiée par la LPO, en lien avec le WWF France et avec l’appui du Réseau Action Climat, cette démarche collective, matérialisée par un courrier adressé au Premier ministre et aux membres du Gouvernement le 23 avril 2026, se distingue par la diversité et le poids économique et institutionnel de ces soutiens.
Parmi eux figurent de grandes entreprises telles que EDF, GRDF, Enedis ou Bouygues Construction, des représentants des collectivités comme Régions de France et Intercommunalités de France, mais aussi des organisations socio-professionnelles (Comité national des pêches, Syndicat des énergies renouvelables…), ainsi que de nombreuses associations et gestionnaires d’espaces naturels.
Des échéances décisives
Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes pour l’avenir du programme LIFE. Début avril 2026, la commission de l’environnement au Parlement européen a adopté une position claire en faveur du rétablissement du LIFE comme programme autonome, rejoignant explicitement les demandes portées par les acteurs signataires de cet appel. Quelques jours plus tard, mi-avril, la commission du budget a appelé à garantir aux « actions LIFE » un financement dédié.
La prochaine étape se jouera cette semaine en séance plénière. Un vote favorable de l’ensemble du Parlement européen enverrait un signal politique fort à la Commission européenne et au Conseil de l’UE, dont les arbitrages concernant l’avenir du LIFE n’ont pas encore été tranchés.
Trente ans d'impacts concrets sur les territoires
Depuis sa création en 1992, le programme LIFE s'est imposé comme un levier structurant pour la mise en œuvre des politiques environnementales et climatiques de l'Union européenne. En France, son bilan est particulièrement éloquent : plus de 300 projets ont été soutenus depuis 2014, représentant plus de 450 millions d'euros de financements européens, et près de 800 acteurs divers - collectivités, entreprises, établissements publics, universités et associations - ont bénéficié de cet outil unique, qui favorise l'innovation, la coopération et la diffusion de solutions concrètes sur les territoires.
Parmi les réalisations concrètes, on peut citer la restauration de zones humides en Camargue, la réintroduction du vautour fauve dans les Préalpes, le déploiement de pratiques agricoles favorables à la biodiversité dans plusieurs régions, ou encore le développement de solutions de gestion durable des forêts face aux effets du dérèglement climatique.
Le rôle décisif de la France pour l’avenir du LIFE
Face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité, les signataires appellent le Gouvernement français à porter une position claire auprès des institutions européennes pour :
- Rétablir le programme LIFE comme instrument autonome.
- Garantir un budget dédié, géré directement, préservant la prévisibilité et l'accessibilité pour tous les porteurs de projets.
- Préserver un outil reconnu pour son efficacité, sa valeur ajoutée européenne et sa capacité à mobiliser une grande diversité d'acteurs au service de la transition écologique.
En trois décennies d’existence, le programme LIFE a permis le retour de nombreuses espèces et la mise en place de partenariats de terrain inédits entre acteurs d’horizon divers. Sa disparition nous priverait d’un outil performant et fédérateur indispensable pour le développement de solutions collectives aux enjeux de la transition écologique
Allain Bougrain Dubourg Président de la LPO
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