Deux stratégies européennes pour sauver la planète ?

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 La Commission européenne a publié le 20 mai sa stratégie en matière de biodiversité ainsi que celle dite « de la ferme à la table » pour la transformation des systèmes alimentaires.

Ces documents dessinent des politiques ambitieuses de l'Union Européenne en matière de biodiversité et d'alimentation pour la décennie à venir et sont également des éléments clés du pacte vert européen de lutte contre le changement climatique. Adoptées au plus fort de la pandémie de COVID-19, ces stratégies feront partie du plan de relance de l'UE.

Après plusieurs reports, la publication simultanée de ces deux stratégies* est remarquable en soi, car l'agriculture et la pêche intensives sont les principaux moteurs de la perte de biodiversité. L'UE reconnaît ainsi que les systèmes alimentaires destructeurs ne doivent plus être la norme en Europe. Les stratégies indiquent que la Commission a également tiré plusieurs enseignements de la pandémie de COVID-19 : la bonne santé de la planète est une condition préalable à celle de la société humaine, la science doit guider les choix politiques et il faut répondre à une crise avant qu’elle ne devienne incontrôlable.

La Commission prend enfin un tournant radical avec ces deux stratégies en définissant des objectifs susceptibles d’améliorer l'état de la nature en Europe:

  • Augmenter de 30% les zones naturelles protégées sur terre et en mer, dont un tiers sera strictement protégé, sans qu'aucune activité humaine ne puisse avoir lieu
  • Réduire de moitié l'utilisation des pesticides en termes de quantité et de toxicité
  • Restaurer 10% des terres agricoles avec des éléments favorables à la biodiversité tels que des haies et des bandes fleuries 
  • Introduire des objectifs contraignants de l'UE pour la restauration à grande échelle d’écosystèmes vitaux pour la biodiversité et le climat, tels que les tourbières, les zones humides, les forêts et les écosystèmes marins.
  • Minimiser la combustion de biomasse pour produire de l'énergie

A la condition que les 27 États membres les approuvent et les appliquent, la mise en œuvre de ces stratégies pourrait permettre à l'UE de devenir leader mondial dans la lutte contre la crise climatique et le déclin de la biodiversité, et ainsi ouvrir la voie à l’ensemble de la communauté internationale.  Sans de profondes transformations à l’échelle mondiale, jusqu'à un million d'espèces risquent de disparaître ; et si le réchauffement climatique dépasse 1,5°C, la survie même de l'humanité sera en danger.

’est au fruit qu’on juge l’arbre, et pour que de véritables changements se concrétisent, les dirigeants nationaux doivent maintenant mettre en œuvre ces stratégies européennes. A cet effet, la LPO et 13 autres associations de protection de la nature remettront à la Ministre de l’écologie Elisabeth Borne un livre blanc avec nos propositions ce vendredi 22 mai, à l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité.

Allain Bougrain Dubourg

Président de la LPO