Mobilisation citoyenne - Marais d’Harchies

Actualité

NOTRE FORCE C’EST VOUS ! Aujourd’hui nous vous alertons sur une situation inacceptable qui dure depuis trop longtemps. En bordure des Marais d’Harchies, réserve protégée située en Belgique (Hainaut) tout juste à la frontière française, les chasseurs se livrent à un véritable carnage dès l’ouverture de la chasse fin d’août. Havre de paix pour les oiseaux d’un côté de la frontière, lieu d’abattage de l’autre côté.

Pour mettre fin à ce massacre qui va l’encontre des efforts déployés pour préserver la riche biodiversité du site, la LPO Hauts-de-France s’associe à nos amis naturalistes belges (la Ligue Royale Belge pour la Protection des oiseaux, Natagora, Canopea, Gaia, les Cercles des Naturalistes de Belgique et Ardenne & Gaume) et au GON pour agir. Et nous avons besoin de vous pour y parvenir !

Que sont les marais d’Harchies ?

Les Marais d’Harchies, ce sont 550 hectares de zones humides à la frontière franco-belge. Lieu de halte migratoire important et terrain d’hivernage essentiel pour de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau, le site est classé Zone de Protection Spéciale (ZPS) et Zone Humide d’Importance Internationale (ZHII). 

Pourtant, chaque année à la fin du mois d’août, la même scène se répète. La veille de l’ouverture de la chasse, des centaines de canards sont recensés sur le site. Le lendemain, ils ont quasiment tous disparu. 

Au crépuscule, des chasseurs se postent à la frontière, sur les étangs de Saint-Aybert, et tirent sur les oiseaux qui passent la frontière pour venir se nourrir. En 1h30, le soir de l’ouverture, près de 1 000 coups de feu sont tirés, pour environ 500 oiseaux tués. Le tout pour une chasse de loisir, et sans distinction de l’âge ou du sexe des oiseaux, ni même de l’espèce (impossible à la tombée de la nuit), réduisant ainsi à peau de chagrin les efforts de conservation réalisés dans la région.

En participant à cette mobilisation avant le 20 mai minuit, vous nous aidez à changer les choses !  L’adresse mail à laquelle écrire est la suivante : [email protected] 

 Je participe, j'envoie mon mail 

Notre demande est précise : intégrer, dans l’arrêté préfectoral régissant la chasse pour l’année 2026-2027, une interdiction de toute activité de chasse aux oiseaux dans un rayon de 1 500 mètres autour des Marais d’Harchies.

Les arguments à mettre en avant sont résumés ci-dessous :

1. Arguments juridiques et politiques

  • Les marais d’Harchies bénéficient d’investissements publics importants (1,4 million d’euros de la Région wallonne entre 2022 et 2024, ainsi que plusieurs millions d’euros de l’Union européenne via le programme LIFE). Autoriser la chasse à proximité immédiate revient à neutraliser ces efforts en permettant la destruction rapide des espèces protégées.
  • Des pratiques illégales sont constatées à proximité du site, notamment l’agrainage en période de chasse, pourtant interdit. Cette pratique attire de façon illégale les oiseaux vers les zones de tir françaises.
  • Les quotas de chasse pour certaines espèces (sarcelles, canard chipeau) ne sont pas respectés, ce qui aggrave la pression sur des populations déjà fragiles.
  • Le principe international de non-dommage environnemental (issu de l’arrêt Fonderie du Trail et reconnu par la Cour internationale de justice) impose aux États de veiller à ce que les activités sur leur territoire ne nuisent pas à l’environnement des États voisins. La chasse à proximité immédiate de la frontière viole ce principe.
  • L’autorisation de la chasse à proximité des marais est incompatible avec l’article 4.4 de la Convention de Ramsar, qui impose aux États d’augmenter les populations d’oiseaux d’eau dans les zones humides. La situation transfrontalière des marais d’Harchies et des zones humides françaises voisines impose une coopération entre États (article 5 de la Convention de Ramsar). L’absence de coordination sur les pratiques de chasse constitue un manquement à cette obligation.
  • La présence d’espèces protégées par l’Annexe I de la Directive Oiseaux impose une protection stricte de leur habitat. Même sans tir direct, les activités de chasse à proximité provoquent un dérangement significatif incompatible avec cette protection.
  • Selon l’article 7 de la Directive Oiseaux, la chasse ne peut compromettre les efforts de conservation. Or, les tirs à proximité de la frontière affectent directement les populations protégées en Wallonie, compromettant les politiques de conservation.
  • Cette situation porte atteinte au droit fondamental de vivre dans un environnement équilibré.
  • Conformément à l’article 6.3 de la Directive Habitats, toute activité susceptible d’affecter significativement un site Natura 2000 doit faire l’objet d’une évaluation d’incidences. La chasse à moins de 1 500 m des marais répond clairement à cette définition, mais aucune évaluation adéquate n’a été réalisée.
  • La jurisprudence européenne reconnaît explicitement que la chasse peut constituer une activité perturbatrice nécessitant une évaluation environnementale.

2. Arguments ornithologiques

  • Les marais d’Harchies constituent un site essentiel pour l’avifaune en Wallonie : reproduction, halte migratoire et hivernage de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau.
  • La pression de chasse est extrêmement élevée, avec des pertes estimées entre 200 et 700 canards en une seule nuit, soit jusqu’à 40 % de la population locale.
  • La chasse non sélective touche fortement les femelles et les jeunes individus, ce qui compromet directement le renouvellement des populations.
  • Les jeunes oiseaux sont particulièrement vulnérables : manque d’expérience, capacités de vol limitées et incapacité à éviter efficacement les zones de tir.
  • Le dérangement causé par la chasse a des effets majeurs :
    • augmentation de la distance de fuite
    • modification de la répartition des oiseaux
    • augmentation des risques sanitaires
    • départ anticipé en migration
    • diminution de la capacité d’accueil du site
  • Ces perturbations peuvent être plus dommageables que la mortalité directe, car elles affectent durablement le comportement et la survie des populations.
  • Le dérangement interrompt les phases d’alimentation, parfois pendant de longues périodes, ce qui compromet l’équilibre énergétique des oiseaux.
  • Les oiseaux modifient leurs comportements pour éviter la chasse, notamment en volant plus tard dans l’obscurité, ce qui réduit leur temps d’alimentation et affaiblit leur condition physique

NOTA BENE :

Pour que votre message soit recevable, et non classé sans suite, ou non comptabilisé, il doit être personnel, avec un texte qui ne soit pas du copié-collé !

Notre revendication principale : demander d’intégrer, dans l’arrêté régissant la chasse pour l’année 2026-2027, une interdiction de toute activité de chasse aux oiseaux dans un rayon de 1 500 mètres autour des Marais d’Harchies et / ou d’engager une démarche avec tous les acteurs concernés pour faire de cette zone tampon une zone protégée.

Vous avez jusqu’au 20 mai 2026 à minuit pour participer à l’action.