En Saône-et-Loire, le massacre de blaireaux continue, dites « STOP » !

Actualité

En 2025, le préfet de Saône-et-Loire a autorisé par arrêté le déterrage des blaireaux à partir du 15 juin ! Une nouvelle fois cette année, une consultation publique vient d’être lancée pour prolonger de 3 mois la saison de chasse du blaireau par la méthode du déterrage (1), en pleine période d'émancipation des blaireautins.

La LPO BFC s'oppose à ce projet injustifié que nous considérons non conforme au droit et qui se répète d’année en année ! Nous appelons les habitants du territoire à se mobiliser avant le 20 mars. Aidez-nous à sauver les blaireaux de la Saône-et-Loire de ce nouveau massacre en devenir !

© Mark Zekhuis

Consultation publique : votre voix peut faire la différence, ne laissons pas cette prolongation être validée sans opposition !

La France fait partie des derniers pays européens à persécuter les blaireaux et à autoriser leur déterrage en pleine période d’élevage des jeunes. Ces dernières années, sous la pression des associations naturalistes et face aux succès de plusieurs recours administratifs, la pratique tend à diminuer : en 2024, moins de la moitié des départements français ont autorisé une période complémentaire de chasse au déterrage (soit 44).

Hélas, la Saône-et-Loire fait partie de ces départements et renouvelle en ce mois de mars une consultation publique pour autoriser une période complémentaire de chasse : du 15 juin au 14 septembre 2026. Et ce, malgré des avis défavorables majoritaires lors des consultations publiques des années précédentes… La LPO restera mobilisée pour délivrer la faune de ces pratiques et compte sur vous pour ne pas baisser les bras et agir encore en 2026 ! Donnons notre avis, partageons, médiatisons et fédérons autour de ce combat !

Je participe à la consultation publique

 

5 arguments qui font que la LPO BFC s'oppose totalement à ce projet d'arrêté

  • DES BLAIREAUTINS NON EMANCIPÉS AU 15 JUIN : une étude, menée de 2003 à 2021 en France(2), démontre que les petits du blaireau naissent principalement entre janvier et avril et sont sevrés à l’âge de 4 mois. Sevrés oui, mais loin d’être émancipés ! En effet, plusieurs mois après le sevrage, le blaireautin reste dépendant de sa mère aussi bien au niveau alimentaire qu’au niveau comportemental et hiérarchique. Le blaireautin est ainsi considéré comme émancipé et indépendant qu’autour de 6 à 8 mois minimum (entre août et novembre selon la période de naissance). Tuer la mère d’un blaireautin entre juin et septembre, c’est donc le condamner à court terme.
  • NON CONFORME AU CODE DE L'ENVIRONNEMENT : « Sur les 4 dernières années, le prélèvement moyen annuel déclaré par les équipages de vénerie sous terre en Saône-et-Loire est de plus de 200 animaux dont 1/3 de blaireautins ». La vénerie sous terre, méthode non sélective et violente, tue sans distinction les individus, adultes comme jeunes. Or, l’article L. 424-10 du Code de l’Environnement indique qu’« Il est interdit de détruire, d’enlever, de vendre, d’acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée. ».  Cette interprétation a récemment été confirmée par la Cour Administrative d'Appel de Bordeaux. Celle-ci a rappelé que la notion de « petits de mammifères » au sens de l’article L.424-10 du Code de l’environnement doit être entendue comme les individus n’ayant pas atteint leur autonomie et incapables de survivre seuls sans dépendance maternelle, et qu’elle ne se limite donc pas à la seule période de sevrage. Or, selon la littérature scientifique citée par la cour, les jeunes blaireaux restent dépendants de leur mère jusqu’à l’âge de 6 à 8 mois. Autoriser la vénerie sous terre durant cette période expose donc nécessairement à la destruction directe ou indirecte de ces jeunes.
  • INJUSTIFIÉ : Un projet d'arrêté sur demande de la Fédération départementale des chasseurs du 71 pour limiter les dégâts causés par l'espèce ? Le blaireau est une espèce "gibier" qui ne fait pas partie de la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts. Aucun document sérieux ne vient étayer les affirmations des fédérations de chasse ou de l'administration sur les hypothétiques dégâts recensés par leurs soins. On tue donc plus de 200 blaireaux par an en période complémentaire pour quelques dégâts non dimensionnés et non vérifiés sur l'échelle du département ? Inadmissible !
  • AUCUNE ÉCOUTE DES CITOYENS MAJORITAIREMENT OPPOSÉS AU PROJET : en 2025, vous avez été 1294 à exprimer votre avis sur la consultation publique, dont 1149 voix contre ce nouveau massacre, soit 88 % des avis ! Merci pour cette mobilisation exceptionnelle. Elle s’explique principalement par le fait que chacun est dorénavant conscient de l’intérêt d’avoir une terre riche de vie dans sa diversité. Et que nos sociétés actuelles n’acceptent plus de voir traiter les animaux sauvages d’une façon aussi barbare. Cependant, l’avis majoritaire n’a pas été retenu par le préfet qui a pris un arrêté autorisant une nouvelle « saison » estivale de déterrage des blaireaux. 
  • UNE ILLÉGALITÉ DÉJÀ RECONNUE PAR LA JUSTICE : Chaque année, plusieurs recours contre ces « périodes complémentaires » de déterrage permettent de remporter de nombreuses victoires partout en France. En 2025, douze arrêtés ont à nouveau été suspendus par la justice. Sur les départements concernés, plus de 1 000 blaireaux ont de ce fait été épargnés de l’enfer des pinces.

    La Saône-et-Loire n’est pas en reste. En 2022, à la suite d’un recours de la LPO et d’autres associations naturalistes, le Tribunal administratif de Dijon a sanctionné et annulé l’arrêté de prolongation de la période de chasse au blaireau de 2020 en dénonçant l’illégalité de cette décision, et en précisant qu’aucune raison objective n’avait été donnée pour justifier de tuer des blaireaux.

    En dépit de ces éléments de droit, et de cette sanction, le préfet du 71 a lancé une nouvelle consultation publique en 2024 et en 2025, aboutissant à des arrêtés autorisant le déterrage des blaireaux pour 3 mois supplémentaires, et malgré les avis défavorables majoritaires exprimés dans les consultations publiques.

    (1) La vénerie sous terre est une pratique qui consiste à introduire des chiens dans les terriers des blaireaux afin de les poursuivre, parfois pendant des heures, pour finalement les acculer. Les chasseurs creusent alors jusqu'à les atteindre avant de les extirper à l'aide d'une pince métallique puis de les achever au fusil ou au couteau.

    (2) BOYAVAL V. 2010, mise à jour en 2021. Contribution à l’étude de la reproduction des blaireaux eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France, 12 pages.